‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 144 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. 8 J C · texte numérisé non relu

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ces Evangiles annoncé un Messie transformateur du monde matériel , l'autre prêche im Dieu transformateur des âmes ; Tun est marqué au coin de la sensation et de la réalité, l'autre est empreint partout d'un idéalisme sublime. £t néanmoins , je le répète, il n'y a pas incompatibilité entre ces deux Évangiles. Pourquoi? Je l'ai déjà dit : c'est que la palingénésie pouvait être entendue sous plusieurs rapports : i ** palingénésie cosmique^ fin du monde et résurrection du monde ; c'est le côté que S. Matthieu a surtout compris ; a** palingénéà ie polit iqu e^ qui pouvait s'entendre ou de la cité juive ou d'une cité nouvelle; S. Matthieu, tout en l'entendant principalement de la cité juive, commence pourtant à faire entrevoir une cité nouvelle, un nom>eau peuple^ de nouveaux enfants cV Abraham , appelés à l'exclusion des Juifs sourds et rebelles; et après lui S. IjUC, c'est-à-dire S. Paul et son école, développent surtout cet aspect de la mission de Jésus; en sorte que l'on peut dire que l'Évangéliste S. Luc est celui des quatre qui a surtouf compris et représenté cette face particulière de l'idée de palingénésie ; 3" enfin palingénésie psychique ou psychologique; c'est ici que parait S. Jean, c'est ici qu'il brille et qu'il domine. S. Marc avait déjà fait quelques pas dans cette route; mais S. Marc, Essénien, n'avait pas pu ou voulu sortir de Yésotérisme essénien. S. Jean met la lumière sur un

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piédestal pour être vue de tous; il ressemble a S. Paul par son audace. S. Paul abolit résotérisme pbarisien; S. Jean, Tésotérismeessénien.

Les Chrétiens d'aujourd'hui défendent S. Jean du plagiat de Platon : « Il a pu, disent-ils, apprendre (( de vive voix , par ses disciples ou par les philoa sopkes mêmes, quelque chose du Verbe en gé- H néral et du principe dont parle Platon; et il y (c a même beaucoup d'apparence qu'il les avait ff principalement en vue dans ce qu'il dit au comte mencement de son Évangile ; mais c'était pour « les réfuter (i). » Misérable manière de défendre l'originalité du grand Évangéliste! S. Jean réfuter Platon! Eh! ne voyez-vous pas qu'il complète, au contraire, Platon avec Mo'ise, qu'il ramène Platon à Moïse, qu'il rassemble les rayons disséminés dans le monde, au sein du Mosaïsme comme parmi les Gentils, pour en composer une vraie et complète philosophie, une religion. Jésus n'est plus pour lui une sorte d ange descendu du ciel, im miracle, un ])hénoniène, comme pour S. Matthieu. Le métaphysicien S. Jean cherche de l'œil de l'esprit la vraie nature, la causalité de ce Messie dont S. Matthieu n'avait vu que la manifestation. Quelle puissance est cachée sous ce Messie? quelle essence était celle de Thomme qui a enseigné l'unité, la

(i) /Jihicde Vrnce,

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chaiité, la fraternité, 1 égalité, ramoiir? Il préexistait, ce Messie, puisqu'il a paru; il vivait virluellement avant de se manifester. S'il a dit la vérité, son essence, en tant que répondant à cette vérité , était donc éternelle; car celte vérité elle-même est éternelle. Il est donc l'essence de sa parole, l'essence cachée sous sa parole. Or sa parole est la loi de la vie; il est donc en essence la vie, il est le principe créateur en Dieu. J'admets ici, comme on le voit, l'interprétation vulgaire que Ton donne de S. Jean, savoir qu'il a identifié complètement le Verbe avec Jésus. Je prouverai plus loin que cette interprétation n'est pas fondée, et que S. Jean a pu voir la Pensée divine ou le Verbe parlant par Jésus, sans tomber dans l'idolâtrie, et sans faire de Jésus , considéré comme révélateur de la Pensée divine, une personne en Dieu , ainsi que le Christianisme l'a fait après lui. Mais toujours est-il certain que, dans l'une comme dans l'autre de ces interprétations, S. Jean n'est ni un plagiaire de Platon, ni un réfutateur de ce même Platon. Il ne réfute pas Platon, il lecontinue. Et, d'un autre côté, on aurait tort de voir en lui un Platonicien qui vient importer témérairement au sein d'une secte juive l'idée platonicienne, sans antécédent comme sans motif légitime. Car, au point de départ , S. Jean est Mosaïste, et non Platonicien. Il part du Messie et de Jésus, il ne part pas primitivcMuenl du Verbe; et s'il

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se rencontre avec Platon ou avec les doctrimljn orientales en général , sur le principe créateur et 1 1 vivificateur, il nen est pas moins vrai qu'il est |i parti primitivement de Jésus et de la doctrine préchée par Jésus. Or cette doctrine est au fond \\ la doctrine de V unité ^ que renfermait la Genèse àè \\ Moïse, et que les Juifs, et surtout les Esséniens, avaient toujours cultivée. Donc, pour rencontrer Platon sur son chemin, quant à Tessence du principe divin créateur et vivificateur, "S. Jean ne sort pas du profond Mosaïsme; loin de là, il ramène de fait, comme je Fai dit tout à Theure, Platon à Moïse, c'est-à-dire à une doctrine plw précise, plus explicite, plus complète que celle de Platon. Oui, peut-il dire à Platon, le Verbe est en essence ce que vous dites; mais quelle est la doctrine de ce Verbe? Platon ne le savait pas, ou ne le savait qu'à demi et à travers des ténèbres; S. Jean le sait, et le dit. Donc, bien que l'Évangile de S. Jean soit l'Évangile grec, l'Évangile platonicien, bien qu'il ait fallu, pour le produire, l'accession des Gentils au Christianisme, il n'en est pas moins vrai que cet Évangile est Mosaïste et Hébreu, à sa façon, tout autant que l'Évangile de S. Matthieu, ou celui de S. Marc, ou celui de S. Luc. Il Test, dis-je, puisqu'il part de Jésus, c'està-dire d'une certaine doctrine de la vie, qui était plus fortement marquée dans le Mosaïsme que

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