‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 148 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

Cette vision est en effet remarquable^ et est si bien adaptée aux caractères distinctifs des quatre Évangélistes, que l'on ne serait pas d'abord éloigné de penser qu'elle a été faite d'après eux. Dans cette hypothèse, il faudrait soutenir que le texte antique d'Ézéchiel a subi des altérations avant de nous arriver. Il n'est pas absolument certain, en effet, que les écrits de ce Prophète aient fait partie de l'ancien canon juif; il se pourrait qu'ils eussent été rangés chez les Juifs parmi les ouvrages qu'on appelait secrets ou apocryphes ^ et qui restaient confiés aux Scribes, comme sources traditionnelles, mais sans avoir l'autorité et la publicité des livres canoniques ( i ). Ce qui est sûr, c'est qu' Ézéchiel n'est jamais cité dans le Nouveau -Testament, et qu'il n'est pas mentionné dans la liste des livres hébreux canoniques donnée par Philon. On le trouve, a la vérité, indiqué dans Josèphe, et il figure dans

« mm Matihaeus fuit pr.'miis , qui et primtis srrips:ss<: ferlur Evangelium « in Judxa, et semioue qiiiJem Hebrœo; seciindus Marciis, qui et se- «< rundiis ferlur scripsisse Evangelium suum , sivo in Ilalia , sive alibi id « factam sil; terlius Lucas, qui tertio loco scripsisse fertur Evangelium « suum in Achaia ; qunrtus Jo;)nne3 , qui et uliimus Evangelium suuni <' scripsisst? creditur in Asiu. Et eo ordine in spirilu monstrati suut •• Ëzechieli. Similitudo aulem , inquit , vullns rorum facics homt- « nis : ccee Matthaeu^. Et facics !conis : ecce Marcu^ Fiicies auteni « bovis : ccce Lucas. El faciès aquiiie : cce Joannes. » (JaCq- Le Fèvre , Commentarii inttiatoni in quatuor Evangelia , p 3 18.)

(i) Je parle dans la supposition admise par beaucoup de savunts que les livres apocryphes ne se distinguaient que de celte façon des livres canoniques.

83i DE l'hcmastité.

c autre roue Et quand les animaux marchaient,

« les roues marchaient aussi ; et quand les animiin « s*élevaient de dessus la terre, les roues aiin « étaient élevées. Partout où Tesprit les portait à « aller, les roues s'élevaient vis-à-vis d'eux; carb « force des animaux était dans les roues..... Et ce tf qui paraissait au-dessus des têtes des animanx « était une étendue semblable à un cristal bril-

a lant Et au-dessus de cette étendue on voyait

a comme un trône qui ressemblait à une pierre « de saphir ; et sur cette ressemblance de troue il <t y avait la ressemblance d'un homme, assis an

a degré le plus haut I^ splendeur qui entou-

« rait cette forme était comme celle de l'arc-ena ciel .... C'est là la forme de la représentation de ce la gloire de T Étemel. Et, Tayant vue, je tombai « à genoux (i). »

Certes la forme de cette vision est poétique, et, si l'on veut, bizarre ; mais dans cette sorte de rêve exalté n'y a-t-il pas une idée apercevable et claire? Je suppose, dis-je, que le texte d'Ézéchiel soit authentique, et que cette page fameuse ait été en effet écrite six ou sept siècles avant le Christianisme. Qu'y vois-je clans cette supposition? Un symbole, en effet, comme dit le Prophète , de la gloire de Dieu. La nature humaine s'élève jusqu'à

(i) Ézécliiel. ch. I.

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