‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 149 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. HiS · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. HiS

la Divinité, c'est-à-dire retourne à sa source; aux yeux du Prophète apparaît donc, au-dessus d'un ciel d'azur, une ftgfire d homme assis au plus haut sur un trône. Quatre êtres mystérieux sont sur la terre ; ces quatre êtres figurent l'homme, et sont l'homme. L'homme, dans l'antique doctrine, comme dans la vérité, est une tétrade, un quaternaire: il est sensation, sentiment, connaissance; et il est ces trois choses unies , et formant par leur réunion une unité, une monade. Supposez ces trois éléments symbolisés, par le bœuf pour la sensation , par l'aigle pour le sentiment , par le lion pour la connaissance, et l'unité par l'homme : vous aurez l'homme quadruple d'Ézéchiel ; et vous aurez en même temps l'énigme que le Sphinx de la haute antiquité payenne présentait à résoudre, et qu'Œdipe, dit-on, résolut. Le Sphinx aussi était bœuf, lion y aigle, et homme, en même temps; et la fameuse énigme qu'il offrait à deviner n'était autre que celle de sa propre nature, c'est-à-dire de la nature humaine (i) : c'était, sous le voile sym-

(t) Il est vraiment absurde de croire que le sens de TcDigme du Sphinx coosistàl à dire que Y homme ^ dans son enfance, se traînait sar les mains et sur les pieds ; qu(^ , dans la forx;e de son âge , il n*avait besoin que de ses deux jambes, mais que, dans Id vieillesse, il se servait de bâton , comme d*une troisième jambe , pour se soutenir. On enseigne, je le sais, ces sottises, comme nous venant de Tantiquilé ; mais comment ne voit-on pas que, relativement aux antiques syml>oles , nous sommes souvent dupes des grossières parodies populaires qui en Tarent faites ? Ce qu*il y a de vrai dans Texplication de l*énigme du

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bolique de la doctrine antique, Ténigme du Nota ie ipsum que Socrate plus tard proposait amâ, comme un autre Sphinx , à tous ceux qu'il rencoBtrait, mais sans voiles et sans symboles. Dans Kéchiel, donc, ces quatre représentations de la nature humaine marchent, d'un mouvement divin, vm cette divine transformation, cette transfiguration céleste de Thomme, que le Prophète voit au-dessos de leur tète; et la terre, figurée par les quatre orbes ou roues, s'élève avec eux.

Si la prophétie d'Ëzéchiel est vraie , si le texte est antique comme on le suppose , cette extase du Prophète avait donc sa base et son origine dans une certaine vérité métaphysique étemelle, la tétrade humaine s'élevant à Dieu. Qu'y a-t-il donc d'étonnant que, cette vérité se développant dans

Spbiox par Œdipe, comme les Grecs la rapportent, se borne à ceci, que celte énigme du Sphinx désignait l'homme. Il est bien certain d^aiUeun que le Sphinx est un emblème égyptien , et que ce furent les Égyptiens ou les Phéniciens qui portèrent en Grèce cet emblème, et par conséquent Ténigme que les Grecs ( s'il fallait s'en fier à leurs poètes mythologoes ) comprirent si peu. Nos voyageurs ne relrouvenl-ils pas encore aujourd*hui ce Sphinx mystérieux à l'entrée des temples dont il reste des ruines en Egypte? Non seulement il était, pour ainsi dire, le portier des temples, mais rhaqiie dieu avait son Sphinx marqué par un insigne spécial {Notice du Musée Charles AT, par M. ChampoUion ). L'hébreu spin , qui signifie mystère , nous donne la racine du nom même de Sphinx» C'était le gardien des mystères, el le symbole du mystère. Est-il étonnant que V énigme d'i Sphinx fût le grand mystère , ou la Tétrade, et que le corps (fuatemaire de cet être symbolique fût la représentation hiéroglyphique de la formule générale de la vie?

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