‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 153 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

Savitri, Même culte rendu à Dieu chez les Mages. Depuis la prière desBrahmes au Soleil divin, jusqu'à la prière des Ësséniens au même divin Soleil , dont parle Josèphe, tous les monuments des antiques religions nous montrent le Dieu métaphysique , le Dieu être , conçu comme caché derrière la lumière ou l'éther qui le manifeste. Cette désignation de Dieu, telle que Jésus la donne ici , est donc identique avec celles qu'Aristote nous explique si bien dans son traité du Monde (i): « Dieu, étant « tt/i, dit Aristote, reçoit cependant de nous des <c noms divers, tirés des diverses manifestations que « nous apercevons en lui. Nous l'appelons Z^va et a Aia (Jupiter et Dieu), confondant ensemble ces a deux dénominations, qui, en effet, peuvent être « employées indifféremment , puisque toutes deux « signifient Celui par qui nous vii^ons..,. Nous « lui donnons les noms d'âcTpaTuaioç (Dieu de « l'éclair), de êpovTatbç (tonnant), d'aïôpioç (éthé- « réen), d'âciT^pioç (sidéréen), de xepauvto; (Dieii de « la foudre), de Senoç (Dieu de la pluie), parce c< qu'il distribue à la terre et la pluie, et la lumière, a et le fluide de la foudre... Enfin nous l'invoquons « sous les noms de ffcoTirfp (sauveur), et d'£>.£u9épio(; « (afifranchisseur) ; et, pour tout dire en un mot ^ « nous t appelons oùpavioç xal j^ôcivioç (Dieu du ciel

(r) Voy. Varticle Christianisme deVEncyciopéifie Noupelle.

8/|8 i>E i/humanitê.

a et de la terre ) , nom qui renferme iouie nalun « et iuuie desii'née, parce quUl est Cêire des éùts « et la cause de tout ce qui existe (are icovrwv aùtiç « aiTio; Mv). » Je dis donc qu'il ësX absurde de traduire ce passage de la célèbre prière du Christ par notre Père qui es dans le ciel ou dans les deux; car il est évident que Jésus veut aussi bien dire qui es sur la terre qu'il veut dire qui es dans les deux. Son épithète d'oùpoevio; revient à Tépithète complexe d'oOpavioç xal yôovioç dont parle Aristote. (>'est le Dieu un, mais immanent dans tous les êtres; et la qualification d'oi-pavioç ou d'éthéréen, de Dieu de lumière, de Dieu du ciel, de Père céleste, ne lui a été donnée, comme dit encore Aristote, qu'eu vue de ses manifestations. En un mot le Dieu de la prière de Jésus, dans l'Évangile, est le Dieu de S. Paul, qui donne à tous la vie, la n'spiration , et toutes choses ; et son siège n'est pas plus dans le ciel que sur la terre. Aussi ailleurs, dans le même Évangéliste, Jésus l'appelle-t-il /e Seigneur du ciel et de la terre (i).

Au surplus, il suffit de lire cette prière dans S. Matthieu avec ce qui la précède et ce qui la suit, pour être frappé de cette évidence. « Prenez garde, a dit Jésus, de ne pas faire votre aumône devant « les hommes afin d'en être vus : autrement vous

( i) s Matthieu, ch. XI, v. a 5 ; lIotTEp , )cup« toO cOpavoO xat t«ç yn;.

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