‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 157 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. 86 I · texte numérisé non relu

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ticulier et universel en même temps , et cet être s'appellera Sathan. Mais, en le nommant ainsi, vous admettez implicitement que ce Sathan, ce génie du mal, n'a d'autre existence et d'autre origine que la séparation d'avec Dieu , le Un éternel. Ce dogme des anges déchus et du prince de ces anges , ou Satan , n'est donc encore qu'une dérivation et un corollaire idolâtrique, égyptien sans doute (i), du dogme métaphysique que le grand initié de l'Egypte, Moïse, expose dans la Genèse. Quoi qu'il en soit, au surplus, de ce dernier point, il est certain que le Mosaïsme ne connut pas lès êtres imaginaires qu'on appelle aujourd'hui de ce nom d'anges. Dieu, étant dans toutes les créatures et immanent dans

(i) Sathan est le Typhon des Égyptiens. Le groupe hiéroglyphique qui exprime , sur les monuments égyptiens , le nom de Typhon , donne en caractères hébraïques le mol de Seth ou Sath , d*où Sathan est dérive. En outre, le nom de Seth ou Typhou est toujours accompagné dans ces monuments, pour signe symbolique, d'une pierre placée horizontalement. (Voy. la Grammaire Égyptienne de Ghampollion. ) Or nous avons vn précisément que la Bible interprète le nom de Seth ^slv fondement^ base. Il résulte donc de ce rapport que la Genèse de Moïse , où le péché est expliqué par la science égoïste , où le mystère de la chute est représenté comme l*entrée de l'homme dans la connaissance sous l'inspiration de l'instinct animal, sans qu'il soil aucunement question de Satan , et où la connaissance est clairement désignée sous le nom de Seth , donne à la fois la clé de Tidulâtrie égyptienne de Typhon considéré comme le principe du mal et de rerrenr, et' le damier terme de la haute métaphysique égyptienne. Cette haute métaphysique, réservée à un certain nombre d'élus, expliquait Typhon , ou Satan , ou le mal , mais ne l'admettait pas en principe. Elle laissait au peuple et aux prêtres inférieuis cette ido'âlrie , mais elle enseignait la vi rite aux initiés.

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l*univers j ua pas un lieu à part où il règne » touré d'anges, dans la religion de Moïse. Rien n'aumit été plus contradictoire et plus absurde qu'âne telle supposition, auprès de Fidée que Moïse se formait de Dieu. Mais , dans la suite , les Juifs, et particulièrement ceux qu'on appelait Sal>aites, prirent, du contact des peuples d'Orient et surtout des Persans , la croyance à des espèces d'êtres intermédiaires entre l'homme et Dieu ; et ils appliquèrent a ces êtres ainsi conçus comme ayant une existence d'êtres particuliers , ce même nom de ma/eCj ou d'enrojéy qu'ils trouvaient dans l'Écriture avec une acception bien différente. Ils arrivèrent ainsi à l'idolâtrie, et se livrèrent à tous les rêves de l'inconnu.

Il faut convenir que le Christianisme naissant approcha fort de ce précipice, où il est tombé si grossièrement dans la suite pendant la période cju'on appelle Catholicisme. « Que personne, écri- « vait S. Paul aux Colossiens (i), que personne « ne vous séduise par un culte religieux des anges, « choses qui/ ne connaît point ^ et sur lesquelles « il se conduit selon les vaines imng/nations d'un a esprit charnel, ne demeurant point attaché au a chef, duquel tout le corps reçoit l'union, la « solidité et la croissance que Dieu lui donne. »

(i) Coloss.^ ch. II , V. i8.

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