‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 159 sur 216 · LIVRE SIXlkiMF · texte numérisé non relu

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étaient produites par des espèces de mauvais génies qui s'introduisaient dans le corps des hommes, 3t les rendaient maniaques, insensés? Les Païens ae peuplaient-ils pas le monde de génies de toute espèce ? Dans tous les temps, et chez tous les peuples, n'a-t-on pas cru aux ensorcellements, aux mauvais regards , aux esprits follets , et à. mille autres chimères? C'est là une très mauvaise phy* sique, sans doute; mais emporte-t-elle nécessairement cette conséquence, qu'un homme qui a cette physique ait une idée fausse de Dieu? Et quand Jésus, dans l'Évangile, parle en mille passages de la nature de Dieu comme en aurait parlé Moïse, comme en auraient parlé Platon ou Pythagore, comme en parla après lui S. Paul, l'appelant l'Infini, l'Éternel, l'Invisible partout et le Présent partout, ne lui donnant par conséquent ni lieu particulier, ni ciel à part, ni anges autour de lui, ni diables à combattre , faut-il croire que ces mille passages doivent disparaître devant ceux où la mauvaise physique du temps, l'ignorance des Évangélistes, les préjugés inséparables de toute époque, et, si l'on veut même, le degré inévitable d'inconséquence qui est le lot des plus grands hommes , et qui marque leur fini et la borne de leur esprit, se laissent apercevoir !

Restent enfin les deux ou trois passages dogmatiques où il est question des anges. Mais il est évi-

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dent pour moi que ce sont de simples figures oa symboles d'une idée métaphysique. Je prendrai k plusemliarrassant, celui sur lequel les Âéolc^iem s appuient pour donner à chaque homme ce qulk appellent un ange gardien. Jésus dit : « Prena « garde de ne mépriser aucun de ces petits ; car je « vous dis que leurs anges voient sans cesse dans « les cieux la face de mon Père qui est dans les « cieux (i). » Traduisez, comme elle doit letre, cette expression dans les cieux^ qui revient si souvent dans l'Évangile; traduisez, dis -je, littéralement XcLOur du texte primitif par la lumière^ c'est-à-dire la vie divine^ le divin idéal ^ la divine volonté; et vous aurez le vrai sens de ce passage. Jésus dit : Nous sommes tous enfants de la lumière, de l'intelligence qui gouverne le monde. L'idée de chacun de nous est en Dieu, et Dieu embrasse toutes les destinées. Vous voyez ces petits, et vous les jugez petits, et vous les offensez. Mais dans la lumière, c'est-à-dire en Dieu, créateur et vivificateur de tous, il n'y a pas de petits, parce que ce qui est manifestation , et n'est pour vous que manifestation, est au fond essence et virtualité, et que chaque essence se développe dans l'Essence une et éternelle. A chaque manifestation donc répond une idée en Dieu , parce qu'à chaque mani-

(i) s. Matthieu , ch. XVIII , v. lo.

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