‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 161 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

Nous avons vu que \^ palingénésie présente trois aspects différents, mais qui néanmoins se correspondent, et qui, se pénétrant mutuellement, paraissent ne faire qu'un seul tout. Or à chacun de ces trois aspects sous lesquels la palingénésie peut être considérée, répond manifestement une caractérisation différente du Christ.

Si, en effet, l'on considère \2i palingénésie sous le rapport cosmique, le Christ de cette palingénésie est un miracle plutôt qu'une essence, un fait plutôt qu'une cause, un phénomène plutôt qu'une substance. Bien que venant de Dieu comme tous les phénomènes, il est fort éloigné de la nature de Dieu; bien que miracle de Dieu, il n'est pas ï)ieu; il est seulement dans la main de Dieu, comme tout ce que nous appelons miracle. La nature de Dieu est avant tout essence, cause, être, substance. Plus un simple effet est grand, imposant, majestueux, divin, et nous paraît révéler la puissance de Dieu, moins en lui-même il nous paraît Dieu; car nous le distinguons de sa cause, qui avant tout est substance. Dieu donc se manifeste sans doute dans le Christ ou Messie de la palingénésie cosmique; mais ce n'est pas pour cela la nature de Dieu qui nous apparaît dans ce Christ.

Si, au contraire, la palingénésie nous frappe

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davantage par le côté politique ou social , la nature du Christ s'éloigne à nos yeux de cette apparence de simple effet, pour commencer à participer de la nature même de Dieu; de même que rhomme ne nous semble pas un pur effet, un pur phénomène , un pur instrument dans la main de Dieu, mais une essence déjà caractérisée, déjà arrivée jusqu'à un certain point à la \ie, une substance plus rapprochée de la vi*aie substance, uo être plus voisin de l'Etre existant par lui-même. I^e Christ, en ce cas , prend à nos yeux la coiJeur qu'ont en général les sages qui ont éclairé et civilisé le genre humain; c'est-à-dire que nous avons de lui l'idée d'un honune inspiré de Dieu, une idée complexe où les deux idées à^ effet et de cause se trouvent mêlées et confondues dans un ineffable mystère. Dieu est dans ce Christ de deux façons. Ce Christ est homme , est uni à l'humanité. Donc sa nature tout entière n'est pas Dieu. Il n'est pas (l'une façon absolue cause y il est encore effets puisqu'il est homme et uni à l'humanité. Donc, sous ce rapport, Dieu est là comme cause cachée sous cet effet. Mais ce Christ est cause dMss\j cause à titre d'honune, qui agit subjectivement sur sa propre vie et sur la vie humaine; Dieu est donc encore là, et cette fois dans sa vraie nature, c'està-dire en lant que cause, essence, substance. Tel

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