‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 168 sur 216 · LIVRE SIXIKMF · texte numérisé non relu

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S. Jean. La palingénésie cosmique , idée fixe de S. M atthieuy idée qui se présentait à chaque page chez cet Évangéliste, s'efface peu à peu dans S. Marc et dans S. Luc; au lieu d'être au premier plan, elle n'est qu'au second dans S. Marc, au troisième dans S. Luc. La formule générale de l'idée de palingénésie ou de résurrection est donc inversée peu à peu. Car, au lieu d'être COSMIQUE-politiquepsychique , elle est devenue psYCHiQUE-cosmiquepolitique par S. Marc, et POLixiQUE-psychiquecosmique par S. Luc, quand S. Jean à son tour s'en empare, et, donnant à l'aspect psychique autant de développement que S. Matthieu en avait donné à l'aspect cosmique, la transforme en PSYCHIQUE-poLiTiQUE-cosmique. Jésus n'est plus seulement le grand mais mystérieux envoyé de la fin du monde ; il n'est plus seulement aussi le Messie moral dont la nature restait obscure et indéterminée, ni le Messie organisateur d'un nouveau sacerdoce pour l'humanité. Il conserve de tous ces caractères, mais il devient âme, force, substance, être; il devient la vie, et s'identifie avec fauteur de la vie. Le Christ de Dieu de S. Matthieu, le Christ Homme-Dieu de S. Marc et S. Luc, devient le Christ' Dieu ou plutôt le Dieu-Christ de S. Jean.

Laissons donc S. Marc et S. Luc, qui, sur la question de la nature ou de l'essence de Jésus, ne sont que des intermédiaires et des préparateurs, qui

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ne font qu'effacer, adoucir, modifier les traits apressifs du Christ de S. Matthieu, mais qui n'arrivent à rien de clair, de précis, de substantiel , de vraiment dogmatique sur son essence. Laissons la intervalles, dis-je, et passons à S. Jean. I..es deux termes de l'idée étant homme et Dieu, S. Matthieu dit homme, et S. Jean Dieu.

Tout le monde sait comment s'ouvre l'Évangile de S. Jean. Au lieu d'une généalogie humaine, c'est une généalogie divine que S. Jean donne à Jésus. Jésus est la lumière , Jésus est la parole de Dieu, Jésus est le Aiyoç étemel, Jésus est la vie.

Mais néanmoins demandez à cet Évangéliste quelque chose de plus précis sur Jésus homme, sur le Jésus dont il raconte l'histoire. Vous trouverez sa pensée admirablement exposée dans le passage où les Jui& veulent lapider Jésus, parce qu'il s'est dit le Fils de Dieu. Jésus cherche à convaincre les Juifs de sa mission, et il termine un discours par ces mots : Moi et mon Père , nous ne sommes quun : v Alors les Juife priient encore des « pierres pour le lapider. — Jésus leur répondit: « J'ai fait devant vous plusieurs bonnes oeuvres de « la part de mon Père; pour laquelle me lapidez- « vous ? — Les Juifs lui répondirent : Ce n'est point « pour une bonne œuvre que nous te lapidons , « mais c'est à cause de ton blasphème, et à cause « qu'étant homme, tu te fais Dieu. — Jésus leur

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