‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 17 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. 5o · texte numérisé non relu

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qui lui reprochent aigrement et ironiquement de n'avoir pas enseigné l'immortalité de lame.

Il dirait aux Chrétiens : J'ai si bien enseigné l'immortalité , mais la vraie immortalité, que votre religion tout entière s'est ensuite rattachée à la notion que j'en ai donnée dans la Genèse. N'avezvous pas , en effet , admis la réversibilité , n'avezvous pas admis le péché originel? Navez-vous pas lié la mission du rédempteur Jésus au crime du premier homme? Qu'était-ce donc que ce premier homme, sinon l'homme même, l'espèce homme, l'humanité? Si vous n'aviez pas senti la profonde vérité cachée sous cet emblème d'Adam, auriez- vous jamais fait du péché originel le fon^ dément de votre religion? Si la vie des hommes n était pas collective, si elle n'était pas en un seul faisceau, et si, de cette façon, l'Adam qui vit aujourd'hui n'était pas l'Adam qui a vécu hier, l'Adam qui a vécu il y a six mille ans, ou plutôt TAdam éternel, auriez-vous jamais imaginé un Dieu assez injuste pour rendre responsable du péché d'un homme qui a vécu il y a six mille ans les hommes qui naissent journellement sur la terre? Donc, c'est parce que ma leçon sur l'immortalité, bien qu'indirecte et détournée, a été comprise par vous, que vous avez, sans hésiter, adopté cette réversibilité, qui, au fond, n'était cju'une expression voilée de l'immortalité de»

5oG DE L*liL31A3IITÉ.

honiiiies clans le genre humain. Vous ne pouvez donc pas me condamner sans vous condamner vous-mêmes; car c*est la vérité cachée dans le mythe que je vous ai légué qui peut seule expliquer et justifier l'adoption que vous avez faite du péché originel, sur lequel vous avez fondé la Rédemption et tout le Christianisme.

£t que dirait ce géant qu'on nomme Moise à Voltaire et à tous les philosophes voltairiens, qui, sur les ruines des religions positives , parlent tant de l'humanité , et n'ont d'autre religion qu'elle? Qui vous a appris, leur demanderait-il, qu'il y avait ime hiunanité , qu'il y avait un liai coUectif entre les hommes, que les hommes formaient une unité ? N'est-ce pas moi qui ai fait sortir cette vérité du sanctuaire des temples d'Egypte pour vous la donner? N'est-ce pas moi qui ai confié à une nation d'esclaves ce palladium de l'humanité ?

Voltaire lui-même rend indirectement , et sans le savoir, témoignage à Moïse , lorsqu'il s'attache à prouver, avec tous les secours de l'érudition, que le mythe d'Adam ne se trouve que dans Moïse. Après avoir démontré, par ce qui nous reste des plus anciennes traditions , ce qu'il appelle ironiquement « le profond secret gardé sur Adam a dans toute la terre habitable, excepté en Pâte lestine, jusqu'au temps où les livres juifs com-

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