‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 170 sur 216 · LIVRE SlXlJr.ME · texte numérisé non relu

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peut-on pas concevoir une mission particulière de «certains de ces Fils de Dieii^ qui soit d'être plus particulièrement les énonciateurs de la loi de Dieu, sans qu'ils aient pour cela , en tant qu'hommes j une nature différente de celle des autres hommes, bien qu'en Dieu ils soient prédestinés d'ime façon particulière? Remarquez que Jésus, tout en se référant primordialement à l'immanence de Dieu dans toutes les créatures indistinctement, spécialise néanmoins le sens de ce mot de l'Écriture : « J'ai dit : f^ous êtes Dieux , » le restreignant dans un certain sens à ceux à qui la Parole de Dieu était adressée y c'est-à-dire à ceux qui recevaient et comprenaient la Parole ( Aoyoç) de Dieu ( wpiç oiîç 6 Aoyoç Tou 0eou éyiveiro ). Or, de même que ceux qui recevaient cette Parole , ce Aoyoç , étaient dieux et fils de Dieu à un titre particulier, parce qu'ils étaient régénérés et remis en possession de leur nature divine par cette Parole, de même ceux qui énonçaient cette Parole, qui évangélisaient cette Parole , ceux qui faisaient faire à cette Parole im progrès nouveau, en développant cette Parole, étaient dieux et fils de Dieu à un titre particulier. Jésus ne reconnaît-il pas Moïse et les Prophètes, ne les confirme-t4l pas , comme il le dit? Ne dit-il pas lui-même a qu'il ne vient pas renverser Moïse « et les Prophètes, mais les confirmer, les expli- « quer, et les développer. » Donc Moïse et les

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Prophètes, énonciateurs de la Parole, du A^, étaient à ses yeux Dieux et Fils de Dieu à un titre particulier, c'est-à-dire encore à un autre titre qœ ceux qui avaient reçu d'eux cette Parole. Mais néanmoins, comme le dit le Ptoume, tous ces Dieux , tous ces Fils de Dieu , meurent en tant qu hommes , et Dieu seul reste. Tous ces Dieux, tous ces Fils de Dieu , ne sont tels que parce qu'ib sont €le Dieu. La Parole seule, en tant qu'elle est Dieu manifesté, est étemelle et perj>étuellemeiit créatrice. Ces Dieux, ces Fils de Dieu ont vécu par elle, et revivront par elle; mais aucune manifestation de cette Parole n'est Dieu pour cela.

L'idée que Jésus a de lui-même ne peut donc se séparer de celle qu'il se forme de Moïse et des Prophètes; et, par Moïse et les Prophètes, elle se lie indissolublement à l'idée qu'il se forme de ceux qui ont reçu le Aoyoç par ce même Moïse et par ces mêmes Prophètes; et enfin, par ceux qui ont reçu et compris le Aoyoç, elle se lie indissolublement, aussi à tous les hommes, qui sont tons créés susceptibles de le recevoir. Donc l'idée que Jésus a de lui-même ne fait pas de lui une essence différente de l'essence humaine , bien que ce soit Dieu ou le Aoyo; de Dieu que Jésus considère en luimême.

Donc ( si on se rapportait uniquement à ce passage) la pensée de S. Jean sur Jésus serait au fond

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