LIVRE SlXlJr.ME
peut-on pas concevoir une mission particulière de «certains de ces Fils de Dieii^ qui soit d'être plus particulièrement les énonciateurs de la loi de Dieu, sans qu'ils aient pour cela , en tant qu'hommes j une nature différente de celle des autres hommes, bien qu'en Dieu ils soient prédestinés d'ime façon particulière? Remarquez que Jésus, tout en se référant primordialement à l'immanence de Dieu dans toutes les créatures indistinctement, spécialise néanmoins le sens de ce mot de l'Écriture : « J'ai dit : f^ous êtes Dieux , » le restreignant dans un certain sens à ceux à qui la Parole de Dieu était adressée y c'est-à-dire à ceux qui recevaient et comprenaient la Parole ( Aoyoç) de Dieu ( wpiç oiîç 6 Aoyoç Tou 0eou éyiveiro ). Or, de même que ceux qui recevaient cette Parole , ce Aoyoç , étaient dieux et fils de Dieu à un titre particulier, parce qu'ils étaient régénérés et remis en possession de leur nature divine par cette Parole, de même ceux qui énonçaient cette Parole, qui évangélisaient cette Parole , ceux qui faisaient faire à cette Parole im progrès nouveau, en développant cette Parole, étaient dieux et fils de Dieu à un titre particulier. Jésus ne reconnaît-il pas Moïse et les Prophètes, ne les confirme-t4l pas , comme il le dit? Ne dit-il pas lui-même a qu'il ne vient pas renverser Moïse « et les Prophètes, mais les confirmer, les expli- « quer, et les développer. » Donc Moïse et les
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Prophètes, énonciateurs de la Parole, du A^, étaient à ses yeux Dieux et Fils de Dieu à un titre particulier, c'est-à-dire encore à un autre titre qœ ceux qui avaient reçu d'eux cette Parole. Mais néanmoins, comme le dit le Ptoume, tous ces Dieux , tous ces Fils de Dieu , meurent en tant qu hommes , et Dieu seul reste. Tous ces Dieux, tous ces Fils de Dieu , ne sont tels que parce qu'ib sont €le Dieu. La Parole seule, en tant qu'elle est Dieu manifesté, est étemelle et perj>étuellemeiit créatrice. Ces Dieux, ces Fils de Dieu ont vécu par elle, et revivront par elle; mais aucune manifestation de cette Parole n'est Dieu pour cela.
L'idée que Jésus a de lui-même ne peut donc se séparer de celle qu'il se forme de Moïse et des Prophètes; et, par Moïse et les Prophètes, elle se lie indissolublement à l'idée qu'il se forme de ceux qui ont reçu le Aoyoç par ce même Moïse et par ces mêmes Prophètes; et enfin, par ceux qui ont reçu et compris le Aoyoç, elle se lie indissolublement, aussi à tous les hommes, qui sont tons créés susceptibles de le recevoir. Donc l'idée que Jésus a de lui-même ne fait pas de lui une essence différente de l'essence humaine , bien que ce soit Dieu ou le Aoyo; de Dieu que Jésus considère en luimême.
Donc ( si on se rapportait uniquement à ce passage) la pensée de S. Jean sur Jésus serait au fond