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« sumuSjàe S. Paul , mais qu ils s'élevèrent encore M de cette connaissance à la distinction du Verbe « en Dieu , c'est-à-dire qu'ils sortirent du pan- »c théisme absolu, précisément par ce côté par le- «c quel Mosheim dit que nous pouvons en sortir. « Dieu et le monde, dit Mosheim^ constituent un « seul tout , qui ne peut être décomposé que par « la pensée j cogitando. Mais qu'est-ce que distinte guer par la pensée? Vous avez donc à votre ser- « vice une pensée pour distinguer. Cette pensée est « donc aussi en Dieu; car apparemment elle n'est « pas à vous en propre ; elle vous est seulement « communiquée , puisque Dieu comprend tout. « Donc il y a aussi en Dieu une pensée, une raison « qui dissipe le chaos, qui éclaire toutes choses, a en distinguant les uns des autres les différents « êtres. Il ne faut pas davantage pour sortir du « panthéisme. La seconde notion de la nature di- « vine vient à l'instant même s'ajouter à la pre- « mière, et, au lieu d'être panthéiste, on est idéa- « liste et vraiment religieux (i). »
Cette citation me paraît, à quelques égards, propre à faire comprendre ce que la théologie universelle a entendu par le Verbe en Dieu, ou par le Fils. Mais voici un passage de Platon qui servira bien mieux encore à initier sur ce point le lecteur.
(r) Art. Christianisme de V Encyclopédie NvuveUe.
c)o4 DK l'humahité.
Dans la République , les interlocuteurs de Socrate lui demandent de leur expliquer la nature du Bien, Tessence du Bien et du Bon, c'est-à<lire Dieu :
SOCRATK.
« Je n'en demanderais pas davantage moi-même; « mais je crains que cela ne passe mes forces , et « qu'en tâchant devons satisfaire^ je ne m'y prenne « assez mal pour m'attirer des railleries de votre «( part. Quoi qu'il en soit, mes chers amis, laissons « pour cette fois la recherche du Bien, tel qu'il est « en lui-même: cette recherche nous mènerait trop « loin ; et j'aurais peine à vous expliquer sa nature, « telle que je la conçois, en suivant la route que « nous avons prise. Je veux vous entretenir, si vous a le trouvez bon, d'ime production du Bien^ qui a lui est tout 'à-fait semblable ; sinon, passons à « d'autres choses.
GLAUCON
« Non; parlez-nous du Fils y vous nous entre- « tiendrez une autre fois du Père. C'est une dette « que nous réclamerons en son temps.
SOCRATE
tt Je voudrais bien un jour pouvoir m'en acquitte ter, et que vous fussiez vous-mêmes en état de « la recevoir, au lieu du simple fruit (i) de la « dette, tel que vous le recevez aujourd'hui. Re-
(i) U y a dans le grec une équivoque sur le mot toxo;, qui sigoiiie ^Xalomenl un fils, une production, et Tinlérct, le fruit d'une dette.
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« cevez donc ce fniit, cette produci ion du Bien; « prenez garde cependant que je ne vous trompe a sans le vouloir , en vous payant en fausse monif naie. »
Socrate alors commence par ime comparaison de Dieu avec le soleil. Dieu est le soleil invisible qui éclaire le monde des idées, Dieu est le soleil de la vie; mais ce soleil a sa lumière, qui rayonne de lui et qui est lui. Ce que la lumière que nous appelons physique est au soleil, la lumière qui rayonne de Dieu l'est à Dieu. Cette lumière rayonnant de Dieu, c'est ce que Platon, d'après l'antique théologie, appelle le Fils; Dieu, considéré comme le soleil en qui est cette lumière et d'où rayonne cette lumière, est le Père. Voici cette comparaison :
SOCRATE
« La vue, je vous le demande, peut-elle aperce- « voir l'objet visible sans le secours d'une troi- (c sième chose ?
CLAUCON.
« Que voulez-vous dire ?
SOCRATE
« Je veux dire qu'encore que les yeux soient « bien disposés, qu'on les applique à leur usage, c< et que l'objet soit coloré, cependant, s'il n'in- (c tervient pas une troisième chose , destinée à pro-
^o6 i>K l'humanitk.
te duire cet effet, les yeux ne verront rien, et les « couleurs seront invisibles.
6LAUGON.
« Quelle est cette chose?
SOCaATE.
« Cest ce que vous appelez lumière.
GLAUCON
« Vous avez raison.
SOCRATE
te De tous les astres-dieux qui sont dans le ciel, « quel est celui dont la lumière dispose le mieux « les yeux à voir et les objets à être vus ?
GLAUCON
a Selon moi comme selon vous et tout le monde, « c'est le soleil.
SOCRATE.'
u Voyez si le rapport de la vue à ce dieu n'esl « pas tel que je vais dire.
GLAUCON
« Comment?
SOCRATE
« La vue, non plus que l'organe ou la partie de « notre corps où elle se forme, et qu'on appelle «* l'œil, n'est pas le soleil.
GLAUCON
« Non.
SOCRATE
« Mais, de tous les organes de nos sens, Toeil
LIVBB SIXIEME. Cp'J
« est, je crois, celui qui ressemble davantage à a cet astre.
GLAUCON
« Sans contredit.
SOCRA.TE.
« La faculté qu'il a de voir , n'est-ce pas du so- « leil qu'il l'emprunte , et ne découle-t-elle pas , « pour ainsi dire, du soleil jusqu'à lui?
GLAUCON
rt Oui.
SOCRATE
« De même, le soleil, quoiqu'il ne soit pas la vue, « n'en est-il pas le principe , et de plus l'objet ?
GLAUCON
« Cela est vrai.
SOCRATE
ce Sachez donc que quand je parlais de la pro- « duction du Bien , j'avais en vue cette comparai- « son avec le soleil , où le Fils a également une cf parfaite analogie avec son Père. Le soleil est dans « le lieu visible , par rapport à la vue et aux objets a qu'elle perçoit, ce que le Bien est dans le lieu « idéal, par rapport à l'intelligence et aux êtres in- (c ligibles.
GLAUCON
te Comment? Je vous prie de m' expliquer votre « pensée.
SOCRATE
t Vous savez que lorsqu'on tourne les yeux vers^
l)od DK l'hLIHANITÉ.
a des objets qui ne sont pas éclairés par le soleil, « mais par les astres de la nuit, on a peine à disa cerner, qu'on est presque aveugle, et que la vue « n'est pas nette.
GLAUCON
*i Iji chose est ainsi.
SOCRATE
if Mais que , quand on regarde des objets éclai- « rés par le soleil, on les voit distinctement, et que a la vue est très-nette.
GLAUCON
tt Sans doute.
SOCRATE
a Comprenez que la même chose se passe à a l'égard de l'âme. Quand elle fixe ses regards sur « des objets éclairés par la vérité et par l'être , elle a les voit clairement, les connaît, et en a ce qu'on ce appelle l'intelligence. Mais lorsqu'elle jette les « yeux sur des objets enveloppés de ténèbres, «c'est-à-dire sur ce qui naît et périt, sa vue « s'émousse el s'obscurcit; elle n'a que des doutes « et des opinions qui changent à toute heure ; en « un mot, elle paraît tout à fait destituée d'intelli- « gence.
GLAUCON
« Cela est connue vous le dites.
SOCRATE
« Tenez donc pour certain que ce qui répand sur