LIVRE SlXlitlME
tion avec cette Lumière même, avec ce Verbe ^ avec ce Logos , dit qu'il est venu dans le monde pour rendre témoignage à la Vérité, que quiconque est pour la Vérité écoutera sa voix et entrera dans son royaume , et que c'est ainsi qu'il est né pour être roi, et qu'un jour Usera roi.
Or S. Jean est-il dans une erreur complète en voyant dans Jésus le Verbe de Dieu ? Non; pas plus qu'il n'était dans une erreur complète en le considérant , dans le passage cité précédemment, comme le Fils de Dieu en un sens très-différent.
Puisqu'il y a en Dieu une Pensée créatrice qui préside au développement éternel du monde , toute créature est à un certain degré ce Verbe de Dieu, puisque toute créature émane de ce Verbe, et est éclairée par lui. Mais certaines créatures sont plus particulièrement éclairées par ce Verbe. S. Jean voit son maître si parfait, qu'au lieu de dire que ce maître est l'énonciateur du Aoyoç , il s'écrie qu'il estle Aoyoç lui-même. Mais néanmoins déshérite-t-il pour cela l'humanité au point de dire à l'humanité : Vous êtes des hommes, et Jésus était le Verbe de Dieu. C'est ce que je nie. Je ne veux d'autre preuve que le début célèbre de cet Évangéliste : •c La Parole (Aoyoç) était au commencement , la Pa- « rôle était avec Dieu, et cette parole était Dieu. « Elle était au commencement avec Dieu. Toutes « choses ont été faites par elle , et rien de ce qui K^ 58
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« a été fait n'a été fait sans elle. C'est en elle qu'était « la vie , et la vie était la lumière des hommes. Et « la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres
« ne l'ont point reçue C'était la véritable la-
«c niièrequi éclaire tout homme venant au monde. « Elle était dans le monde , et le monde a été Êdt N par elle ; mais le monde ne l'a pas connue. Il est « venu chez soi ; et les siens ne l'ont pas reçu. Mais « à tous ceux qui l'ont reçu , il leiur a donné le droit u d'être faits enfants de Dieu (Texva Oeou), savoir à « ceux qui croient en son nom , qui ne sont point H nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de « la volonté de F homme , mais qui sont nés de « Dieu. Et la Parole a été faite chair, et a habité « parmi nous , pleine de grâce et de vérité ; et nous « avons vu sa gloire, une gloire telle qu'est celle du
« Fils unique venu du Père Et tous tant que nous
(c sommes nous avons reçu de sa plénitude, et grâce *< sur grâce. Car la Loi a été donnée par M oïse, mais « la Grâce et la Vérité sont venues par Jésus-Christ. « Personne rie vit jamais Dieu : le Fils unique , qui « est dans le sein du Père , est celui qui nous l'a fait « connaître (i). » N'est-il pas évident, dis-je, que S. Jean, tout en affirmant que Jésus est le Verbe, ne fait pas encore ici de Jésus une essence générique différente de l'humanitéPIl affirme bien que
(i) s. Jtan, cil. î, y. i-i8.