‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 181 sur 216 · LIVRE SIXIKMR · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIKMR

ic prit humain n'aperçoit jamais la vérité qu'avec « des ténèbres; il est donc obligé de bégayer comme « Tenfant avant de parler, d'entrevoir avant de voir, a de sentir et de comprendre confusément avant « de sentir et de comprendre clairement. Mais béi< gayer c'est déjà parler, entrevoir c'est déjà voir, « comprendre confusément c'est déjà comprendre.

c< Si donc on me posait la question : Jésus a-t-il a été l'incarnation du Verbe de Dieu, oui ou non ?

« Je répondrais : Oui et non ; car , dans cet ordre « de vérités, oui et non ne sont pas contradic- « toires.

a Oui, dirais-je, car nous sommes tous fils de « Dieu, Dieu est en nous tous : in Deo vivimus ^ et li. inovemur ^ et sumus. Oui , dirais-je encore; car ce l'idée de Platon est vraie , il y a en Dieu un Verbe « de Dieu. Or, s'il y a en Dieu un Verbe créateur, a il doit agir, il doit créer en nous; si ce Verbe « conduit l'humanité, il faut bien qu'il se mani- « feste. Il s'est donc manifesté en Jésus , et il a pris « une possession nouvelle de l'humanité en com- « niençant par Jésus. Cela a été un grand , un so- <c lennel moment dans la création successive de « l'humanité. Il fallait bien en effet qu'il y eût un c< homme qui , le premier de tous , réalisât en lui fi et s'appliquât cette sublime doctrine. Cet homme, « ce fut Jésus. En nous reportant donc aux desseins « de Dieu , et aux résolutions de sa providence

iyiS DE l'humanité.

« dans le gouvernement du monde, il faut dire que i< Jésus fut , parmi tous les fils de Dieu que ren- M fermait FOccident, son fils chéri par excellence. « Il fut y comme disent quelquefois les Pères, le a Prométhée qui anima du feu divin nos statues « d'argile. Il nous donna le mouvement, l'initiation, (' la vie. Oui, la vie spirituelle nous est venue par a lui; il a donc été réellement, et non par une fic- M tion, par une comparaison, le sauveur de nos a âmes. Si nous sommes aujourd'hui ce que nous a sommes, nous le Itii devons. Il est vrai que nous i< ne le devons pas qu'à lui seul. Il avait été préce cédé, non pas seulement par une foule d'hommes « religieux en Orient, que l'Orient, également sé- <i duit , a pris aussi pour des incarnations de Dieu a sur la terre , mais dans l'Occident même , par « Pythagore, par Socrate, et par Une multitude «c d'autres sages.

« L'erreur a donc été uniquement de prendre « pour un cas tout à fait particulier et anormal ce « qui n'était qu'un fait plus général.

« H n'y a rien là de plus embarrassant pour nous a aujourd'hui, que dans ce qui est arrivé si sou- « vent pour l'invention de toutes les grandes choses, « de toutes les grandes découvertes. Elles ont été, « la plupart du temps, faites plusieurs fois; et de « là il est résulté des contestations, des disputes, « des sectes; chaque inventeur a eu ses partisans

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