‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 182 sur 216 · LIVRE SIXliiliMF · texte numérisé non relu

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« exclusifs qui l'ont exalté, et souvent au détriment « de ses rivaux. Mais de ce que Fimprimerie , par « exemple, était connue de temps immémorial à la « Chine , s'ensuit-il que Guttemberg ne soit pas le « premier Européen qui ait eu cette sublime idée? « et à sa suite l'Europe n'en a-t-elle pas fait, pour « les destinées de l'humanité , un plus grand usage « que les Chinois ? Colomb trouve le Nouveau- « Monde : en a-t-il moins de mérite , parce qu'on <K démontre aujourd'hui qu'il avait été précédé et « guidé dans ses recherches ? Newton et Leibnitz a crurent, chacun de leur côté, avoir inventé le « calcul de l'infini : en sont-ils moins inventeurs et « moins grands , parce qu'ils se rencontrèrent en ce même temps dans cette invention?

« Donc, en définitive , l'idée de Jésus fils de Dieu « est vraie, même philosophiquement. Elle est vraie « en soi, vraie par rapport aux desseins de Dieu et « à son gouvernement du monde. Elle n'est fausse ff qu'en ce sens que nous pouvons aujourd'hui, (c plus avancés que nous sommes, lui donner une it autre forme, et dire : Nous sommes tous fils de « Dieu, et l'Idéal divin peut s'incarner dans tous % les hommes. Nous sommes ainsi passés d'une <f proposition particulière à une proposition plus a générale. Voilà le caractère de toute vérité re- <c lative.

a Mais la gloire d'avoir été le Messie, le Messie I. 59

93o DE L*HUMANITÉ.

« véritable, reste à Jésus. L'effet a été produit, <c l'initiation a été donnée, et c'est lui qui l'a don- « née. Tous les siècles peuvent venir battre au pied (c de sa croix, jamais l'homme ne passera sans « respect auprès de ce gibet qui a été pendant tant « de siècles le phare de l'humanité (i). »

J'avoue qu'en interprétant ainsi la divinité de Jésus, comme l'acte de Dieu dans l'humanité, et par l'humanité dans un homme , je ne savais pas bien alors jusqu'à quel point les monuments mêmes du Christianisme, j'entends ceux de ses monuments qu'on considère comme inspirés, et en pa^ ticulier l'Évangile de S. Jean , confirmaient cette interprétation. Je partageais l'erreur commune, qui attribue à S. Jean le dogme idolâtrique qui s'établit avec tant de peine au sein du Christianisme, après mille controverses et mille schismes, et qui ne s'y établit réellement que parce que les Barbares arrivèrent, savoir que Jésus est le Verbe de Dieu en tant que personne de Dieu.

Aujourd'hui , après un plus mûr examen de ces monuments, si on me demande quelle opinion Jésus avait de sa nature , ce qui revient à savoir quelle opinion les Evangiles, et particulièrement celui de S. Jean , donnent de sa nature , voici ma réponse:

Jésus se croyait-il Dieu? Oui et non. 11 ne se

(i) Réfutation de l'Eclectisme, \»Te.mière partie.

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