‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 186 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. 94 f · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. 94 f

ces rits est la confirmation et le développement de la signification que les Ësséniens leur donnaient. Sa mort même, et son corps et son sang partagés sans division entre les hommes dans le repas eucharistique^ ne sont qu'un sceau sublime apposé de sa main sur le repas eucharistique des Ësséniens, sur la Pâque de Moïse , sur le repas commun ou égalitaire de toutes les castes supérieures de l'antiquité, sur le banquet mystique de toutes les anciennes religions.

Si vous voulez savoir sa doctrine, levez donc ce sceau que j'appelle sublime , que j'appellerais volontiers divin ; et dans l'Eucharistie vous trouverez cette doctrine.

Mais si elle est là tout entière (et qui en doute!), elle n'était donc pas, à ses yeux mêmes, absolument nouvelle ; car la même doctrine se trouvait symbolisée dans le repas eucharistique des Ësséniens, dans la Pâque de Moïse, dans le repas commun et égalitaire de toutes les castes supérieures de l'antiquité , dans le banquet mystique de toutes les anciennes religions.

Eh ! qui a dit en effet qu'elle fût absolument nouvelle? Est-ce Jésus ? Non, encore une fois non. Puisque Jésus s'appuie sur Moïse et sur les Prophètes , il n'a donc pas dit qu'elle fût absolument nouvelle ! Combien de fois répète-t-il lui-même que sa doctrine est dans Moïse : « Sondez les Écritures.

« C'est par elles que vous croyez avoir la vie éter-

(c nelle, et ce sont elles qui rendent témoignage pour

<c moi Ne pensez point que ce soi t moi qui doive

a vous accuser devant mon Père. Moïse, en quiiK)us a espérez, est celui qui vous accusera. Car si vous « croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi ; car « il a écrit de moi. Mais si vous ne croyez pas en a ses écrits, comment croiriez-vous à mes pa- « rôles (i)? »

Sont-ce les Ëvangélistes qui ont dit que cette doctrine fût absolument nouvelle? Non, certes, puisqu'ils relatent les paroles du Maître ; et lors même qu'ils parlent en leur propre nom, n'avonsnous pas entendu le plus théologien des quatre , S. Jean , nous dire : «c La Loi a été donnée par « Moïse ; la Grâce et la Vérité sont venues par Jéa sus. » Or la Loi , c'est la doctrine ; car la Loi , c'est la Thora^ c'est-à-dire la Doctrine , la Science divine, la Révélation. Tel est le sens hébreu de ce terme de Loi. Que veut donc dire S. Jean , en concédant que Moïse a donné la Doctrine, mais en attribuant à Jésus pour mission de nous avoir apporté la Grâce et la Vérité ? Il veut dire que , chez Moïse , la Doctrine était cachée sous des voiles, et que , sans un nouveau Prophète , elle ne pouvait percer ces voiles. Elle n'était pas comprise dans

(i} s. Jean , Hi. V, V. 39 a 47-

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