‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 187 sur 216 · LITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LITRE SIXIÈME

son essence métaphysique , et elle était par conséquent latente dans la législation donnée par Moïse. Elle avait besoin d'explicitation. Un jour viendrait où , sortant de ses voiles , elle pénétrerait dans nos âmes, serait perçue dans nos intelligences, s'incarnerait en nous, deviendrait nous, et nous animerait. Le Verbe de Dieu , ou la Pensée divine, après avoir été comme prisonnière sous Tenveloppe de la loi de Moïse , nous apparaîtrait donc , non plus sous des voiles , mais dans son essence ; et alors s'accomplirait en nous cette vision de la Vérité dont parle Platon , vision qui s'appelle, suivant qu'on considère la lumière de Dieu ou la créature qui en est éclairée , soit Science et Vérité, soit Grâce. Voilà ce que veut dire S. Jean; nousl'avonsdéjàprouvé plus haut. 11 considèredonc la doctrine de Jésus comme identique au fond avec celle de Moïse; et Jésus, suivant lui, n'a été nouveau que parce qu'il a donné à cette Doctrine une explicitation qui l'a rendue toute nouvelle.

Et maintenant quelle est cette doctrine ?

Jésus l'explique lui-même fort au long dans S. Jean. C'est la doctrine de I'dnité. Faut-il citer encore ici la prière où Jésus, après sa dernière Pâque, dévoile, avant de mourir, tout le sens de son sacrifice? Oui; ces paroles sont si fortes, si claires , tellement probantes , qu'il est bon que nous les répétions encore ici , quoique nous les

9^4 i>E l'hdma.nité.

ayons déjà transcrites : «Mon Père, l'heure est « venue, glorifie ton fils afin que ton fils te glo-

<« rifie Je t'ai glorifié sur la terre; j'ai achevé

« l'ouvrage que tu m'avais donné à faire Père

« Saint, garde en ton nom ceux que tu m'asdonnés,

<c afin qu'ils soient un comme nous Or, je ne

a prie pas seulement pour eux; mais je prie aussi « pour ceux qui croiront en moi par leur parole; « afin que tous ne soient qu'uw. Comme toi, ô Père, « tu es en moi , et que je suis en toi , qu'eux aussi « soient en nous , et que le monde croie que c'est « toi qui m'as envoyé. Je leur ai fait part de la i< lumière que tu m'as donnée, afin qu'ils soient « UN , comme nous sommes un. Je suis en eux , et ec tu es en moi, afin qu'ils soient perfectionnés dans

<C l'uNITÉ (l). »

Telle est donc sa doctrine,- dont son sacrifice, c'est-à-dire son corps et son sang partagés sans dii^ision entre les hommes dans le repas eucharistique , n'est que l'expression symbolique.

Et supposez cette doctrine vivante dans les hommes qui participent à ce repas symbolique, n'est-il pas évident que ce repas symbolique est plus qu'un symbole , et qu'en effet la Pensée divine , ou le Verbe de Dieu , ou Dieu , étant ainsi dans ces hommes , la Pâque de Moïse se trouve

(i) s. Jean , ch. XVII , v. i à a3.

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