‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 195 sur 216 · LIVRE SIXIEME. 97 I · texte numérisé non relu

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toute sa nation, d'après Moïse el les Prophètes?

Nous qui croyons aujourd'hui au progrès, ne croyons-nous pas à des crises dans ce progrès, à des crises de révolution et de rénovation? Quelques-uns ne parlent-ils pas maintenant la même langue que l'Évangile , disant que le monde présent est en poussière, est retombé dans le chaos, et appelant à grands cris ce qu'ils nomment une résurrection j une palîngénésie ? Il est vrai que par cette palingénésie ils n'entendent pas un miracle. Venus après le Christianisme, et à la fin du Christianisme, ils prennent ce mot dans un sens pure-» ment spirituel. £t pourtant on en pourrait citer qui ont poussé l'ardeur de leur idée jusqu'à croire à une révolution physique , à une rénovation de l'univers, qui accompagnerait cette révolution humaine, cette rénovation sociale (i).

Or supposez un partisan de ce que l'on appelle aujourd'hui dans beaucoup de livres palingénésie sociale, qui croie à la très prochaine réalisation , par une sorte de miracle , de cette palingénésie ; trouveriez- vous' contradictoire que cet homme prêchât à la fois cette palingénésie sociale et cette révolution miraculeuse?

Jésus était-il inconséquent au premier chef, parce que, croyant à Adam , c'est-à-dire à l'huma-

(x) Charles Fourier, par ejkeniple.

97^ i>B l'huma H rré.

nité, il croyait que, par lui Jésus, et en raison même de la doctrine qui échauffiût son cœur, Dieu pourrait faire un miracle de résurrection pour cette humanité , pour tous ces fils d'Adam compris en Adam ? Mais quoi ! je le demande , ne l'a-t-ii pas opéré, en effet, jusqu'à un certain point, ce miracle, quoique d'une taçon toute différente de celle que lui , ses disciples, et les Juifs en général , avaient imaginée?

Que Jésus se soit cru envoyé, comme il le dit, et consacré par Dieu même , non seulement pour enseigner la doctrine de vie, mais pour présider à ce miracle du grand Sabbat palingénésique des astrologues et des Prophètes , cela n'a rien qui puisse nous surprendre. Extatique , ainsi que l'Évangile l'atteste de la façon la plus positive en vingt endroits, n'a-t-il pas dû trouver la borne de son idée et de ses facultés dans la forme que ces facultés mêmes donnaient à cette idée, c'est-à-dire dans l'extase , et errer par conséquent comme ont erré avant lui le plus gi'and nombre des révélateurs de l'Orient, les prophètes juifs, Pythagore, Socrate, et comme après lui S. Paul et S. Jean , les Apôtres en général , presque tous les saints , Mahomet , Jeanne d'Arc, Jacob Bœhme, Swédemborg, et une multitude d'autres que je pourrais citer?

L'enthousiasme d'une partie du peuple pour Jésus, les cures merveilleuses qu'il opérait par

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