‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 196 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

suite de cet enthousiasme, n'ont-ils pas dû lui faire croire que Dieu l'avait prédestiné pour un miracle? Quel grand homme n'a pas compté un peu trop sur son étoile ?

La Providence divine est infiniment plus grande que les hommes les plus divins; et, pour être abreuvé de Dieu, Jésus était homme. Il s est donc trompé sur la forme que devait avoir la palingénésie. Mais son erreur n'est pas une erreur absolue; et si cette erreur a été nécessaire, il &iut absoudre cette erreur, et nous nouriir de la vérité que cachait cette vision trompeuse.

Pourquoi Pythagore, qui au fond avait pour doctrine la vie éternelle dans l'humanité , a-t-il parii enseigner l'erreur de la métempsychose confuse et indéterminée ? Nous l'avons vu. C'est que l'idée divine /le la perfectibilité n'étant pas encore assez clairement révélée au sein de l'esprit humain, les Py thagoriens ne savaient justifier la Providence qu'avec cette fausse hypothèse : Sans la métern^ psychose j s'écriait Hiéroclès, comment justifier les voies de la Providence (i) !

£t si Jésus, qui, lui aussi, avait au fond pour doctrine la vie éternelle dans l'humanité, a cru à la palingénésie miraculeuse, ou a passé pour y croire, n'est-ce pas également parce que l'esprit

(i) Voy. ce qui a clé dit précédemment, ch. 3 de ce Livre.

97^ oE l'humanité.

échus, et conscients par conséquent de la doctrine qui s'y trouve ;

Que les grands livres, les livres vraiment inspirés, sont comme la nature, où les générations nouvelles, à mesure qu'elles naissent à la vie, découvrent des vérités qui avaient échappé à leurs devanciers.

Enfin je répondrai par cette phrase que j'ai écrite ailleurs avec toute la conviction de ma conscience : a Le fond de la religion est éternel ; car c'est la «connaissance subjective que nous avons de la «Vie qui est ce fond. Mais la manifestation objec- « tive qui en résulte est variable et changeante « suivant les progrès de notre connaissance f i). »

(i) Art. Christimmsme de V EmejcIopéJU Noupelie , $ Que la religion est à la fois permanente et progressive.

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