‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 198 sur 216 · LIVRE SIXIJ^ME. gr^C · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIJ^ME. gr^C

c'est-à-dire des individus ; il a créé rhomme, c'està-dire l'espèce humaine. De même que lui, Dieu^ est à la fois l'unité et la multiplicité, de même cha^ cune de ses créatures est à la fois l'unité et la multiplicité suivant son espèce.

Chacun de nous est homme et l'espèce hu-* maine.

Chacun de nous vit par notre espèce, et en chacun de nous vit cette espèce.

Chacun de nous renaîtra donc par cette espèce, comme les Chrétiens disaient qu'ils renaîtraient par Jésus-Christ.

C'est à cette doctrine que toute la religion se rattache, comme Homère dit que tous les mondes se rattachent par une chaîne au trône de Jupiter.

Il est vrai que nous avons été obligés d'éliminer de notre recherclie l'antique Orient. Nous ne pouvions parcourir un Océan infini. Nous nous sommes bornés à la tradition occidentale, qui a bien sans doute ses racines dans l'Orient, mais qui s'en distingue avec assez de netteté pour qu'on puisse , négligeant ses origines ^ la considérer en elle-même. Par elle, d'ailleurs, embrassée dans toute sa profondeur et dans toute son étendue ^ nous étions sûrs d'avoir implicitement l'esprit du monde antique qui a porté notre propre monde en son sein, comme un germe.

IfSo DE l'humanité.

Dans cette Tradition ainsi restreinte , mais si immense encore qu'il nous a £ei11u, pour oser l'interroger, consulter plutôt notre zèle que nos forces j nous avons d'abord demandé aux Grecs et aux Romains ce qu'ils pensaient de la vie et de la vie éternelle. Virgile, Platon, Pythagore, Apollonius, nous ont répondu.

Ils nous ont répondu, ces élus de la philosophie des Gentils (i), ils nous ont expliqué les fables populaires.

Leur réponse unanime a été la renaissance des individus dans l'humanité.

£t pourtant le grand mot, le mot explicateura manqué aux Grecs« Car les Grecs n'ont connu que l'individualité, ils n'ont pas connu l'unité humaine.

Ce n'était pas le peuple grec qui pouvait enseigner l'unité. Non , cela n'était pas donné à ces Grecs si individualisés et si individualistes , à ces Grecs divisés en tant de peuplades, sortant à peine de la barbarie, amateurs de combats et de luttes en tous genres, race pleine de vanité.

Venus si tard à la lumière, voyageurs curieux aux rives du Nil , investigateurs de philosophie plutôt que naturellement sages, ce n'étaient pas les Grecs qui pouvaient ramener le problème de

(i) « Plel)eii philosophi qui a Platone, et Socrate, et ab ea familia, « dissident » ( Cicéron , Tuscul. )

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