‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 204 sur 216 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

accuse d'arrêter et d'entraver de toutes leurs forces la venue d'une humanité nouvelle. Enfin , les Esséniens se tournent , eux , avec ardeur vers cette humanité nouvelle; et c'est ainsi qu'ils croient saisir et qu'ils saisissent en effet la pensée de Moïse par un autre côté, non moins important que celui auquel les Saducéens s'étaient attachés, ou que celui auquel les Pharisiens s'étaient fixés. Mais , dans leur enthousiasme pour un monde meilleur, non seulement ils s'éloignent du gros de l'humanité, et vivent d'une vie mystique et monacale , mais ils donnent à leurs conceptionsidéalistes une réalisation imaginaire; et, s'encourageant dans leurs aspirations vers l'idéal par des rêves et des chimères , ils quittent la voie de Moïse pour les fables des Gentils. Au lieu de rester solidaires de tous les hommes en Adam, ils aiment à se croire destinés à vivre , pendant un certain temps du moins, dans un Elysée semblable à celui des Grecs, loin des méchants condamnés au Tartare. Il est donc bien vrai, comme le pensaient les plus doctes d'entre les Juifs, et comme la nation tout entière était habituée à le croire, que le Mosaïsme se trouvait répandu d'une façon indivise entre ces trois sectes , dont chacune avait sa vérité , et chacune son erreur.

Nous avons vu par quelles causes générales non seulement les Juifs, mais le monde romain tout

gcp DE L'HUMAVITi.

entier , étaient préparés , vers le temps où parut Jésus-Christ , à croire à la prochaine échéance d'une époque paUngénésique ^ c'est-à-dire d'une époque de fin et de renouvellement de toutes choses. Nous avons expliqué cette doctrine du Résurrectionisme au sein de laquelle le Saducéisme, le Phariséisme, et l'Essénianisme^ devaient venir se fondre, comme, dans un ardent creuset, trois métaux différents, rejetant des éléments étrangers avec lesquels ils étaient combinés, se combinent entre eux pour former un nouveau métal.

L'idéal , le ciel , disaient les Esséniens ; la terre, la réalité, disaient lesSaducéens ; la société humaine, rhumanité, disaient les Pharisiens. 11 fallait une synthèse qui, sans détruire la vie humaine, fit descendre ce qu'on appelait le ciel sur la terre.

Alors on crut à un Prophète qui viendrait x:lore les temps et ouvrir le grand Sabbat prédit parles astrologues. On crut à une nouvelle genèse divine, et par conséquent à un nouvel Eden. Et Jésus se sentit le prophète qui ferait descendre le ciel sur la terre.

L'idéal était chez les Esséniens, Jésus fut élevé par eux et vécut parmi eux; le fond de sa doctrine est Essénien. Mais tandis que les Esséniens s'isolaient de l'humanité , et se regardaient comme

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