LIVRE SIXIÈME
souillés si un Pharisien ou un Saducéen touchait seulement leur vêtement (i), Jésus, méprisant l'ésotérisme et le foulant aux pieds , alla prêcher Tidéal aux Pharisiens et aux Saducéens. Ses disciples furent la plupart de pauvres Saducéens , et son premier Évangéliste fut un homme qui exerçait un métier regardé comme infâme.
Ainsi Jésus comprenait réellement l'idée de Moïse, la vie en Dieu par Adam ou par rhumanité; et , brisant lesotérisme essénien, appelant tous les hommes à la Communion, à la Table Sainte , au Repas Égalitaire , à l'Eucharistie , les petits comme les grands , les pauvres comme les riches, les faibles d'esprit comme les forts d'intelligence , il réalisait la pensée de Moïse , il réalisait I'homme-humanite. Il sentait donc qu'il avait la vérité , qu'il avait la vie , qu'il donnait la vérité, qu'il donnait la vie : est-il étrange que ses disciples aient cru quil était la Vie , qiCiL était la Vérité^ quil était le Verbe de Dieu y puisqu'on effet la Vie , la Vérité, le Verbe agissait dans son âme et parlait par sa bouche !
Nous en sommes là de l'étude que nous avons entreprise dans ce livre relativement à la Tradi-
(i) Josèphe, Guerre des Juifs ^ liv. II; voy. Del' Égalité^ p. 164.
1)9^ i>E l'humanité.
lion. Nous avons à parcourir encore et à expliquer les dix-huit siècles depuis l'Evangile jusqu'à nous. Mous nous sentons la force de montrer qu'il n'y a dans ces dix-huit siècles rien qui contredise foDdamentalement la vérité suprême dont nous avons épousé la cause et embrassé la défense.
On explique ordinairement l'histoire depuis Jésus-Christ par des dualités, par des époques organiques et critiques j et secondairement par une multitude de causes purement humaines. Que reste-t-il de vérité au Christianisme, s'il en est ainsi ? Si l'époque critique a pu se poser devant l'époque organique et la détruire , qu'y a-t-il de vrai et de faux ? Si Voltaire a vaincu Jésus , Voltaire avait donc autant de vérité que Jésus; et, en ce cas , quelle vérité divine était dans Jésus et dans le Christianisme ? De toutes ces vues sur l'his*toire , il ne résulte qu'une chose : c'est que Dieu n'est nulle part, c'est que la vérité n'est nulle part. Le Christianisme est un accident de l'histoire, et l'incrédulité en est un autre.
Non , il n'en est pas ainsi ; et si Dieu était dans le Christianisme, si la doctrine du Christ est divine, si l'humanité en Jésus a été divine, si Jésus, comme il le dit lui-même , a été sanctifié par le Père de toutes choses, on peut , on doit expliquer riiistoire des dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis Jésus jusqu'à nous sans dualité radicale ,