‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 205 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

souillés si un Pharisien ou un Saducéen touchait seulement leur vêtement (i), Jésus, méprisant l'ésotérisme et le foulant aux pieds , alla prêcher Tidéal aux Pharisiens et aux Saducéens. Ses disciples furent la plupart de pauvres Saducéens , et son premier Évangéliste fut un homme qui exerçait un métier regardé comme infâme.

Ainsi Jésus comprenait réellement l'idée de Moïse, la vie en Dieu par Adam ou par rhumanité; et , brisant lesotérisme essénien, appelant tous les hommes à la Communion, à la Table Sainte , au Repas Égalitaire , à l'Eucharistie , les petits comme les grands , les pauvres comme les riches, les faibles d'esprit comme les forts d'intelligence , il réalisait la pensée de Moïse , il réalisait I'homme-humanite. Il sentait donc qu'il avait la vérité , qu'il avait la vie , qu'il donnait la vérité, qu'il donnait la vie : est-il étrange que ses disciples aient cru quil était la Vie , qiCiL était la Vérité^ quil était le Verbe de Dieu y puisqu'on effet la Vie , la Vérité, le Verbe agissait dans son âme et parlait par sa bouche !

Nous en sommes là de l'étude que nous avons entreprise dans ce livre relativement à la Tradi-

(i) Josèphe, Guerre des Juifs ^ liv. II; voy. Del' Égalité^ p. 164.

1)9^ i>E l'humanité.

lion. Nous avons à parcourir encore et à expliquer les dix-huit siècles depuis l'Evangile jusqu'à nous. Mous nous sentons la force de montrer qu'il n'y a dans ces dix-huit siècles rien qui contredise foDdamentalement la vérité suprême dont nous avons épousé la cause et embrassé la défense.

On explique ordinairement l'histoire depuis Jésus-Christ par des dualités, par des époques organiques et critiques j et secondairement par une multitude de causes purement humaines. Que reste-t-il de vérité au Christianisme, s'il en est ainsi ? Si l'époque critique a pu se poser devant l'époque organique et la détruire , qu'y a-t-il de vrai et de faux ? Si Voltaire a vaincu Jésus , Voltaire avait donc autant de vérité que Jésus; et, en ce cas , quelle vérité divine était dans Jésus et dans le Christianisme ? De toutes ces vues sur l'his*toire , il ne résulte qu'une chose : c'est que Dieu n'est nulle part, c'est que la vérité n'est nulle part. Le Christianisme est un accident de l'histoire, et l'incrédulité en est un autre.

Non , il n'en est pas ainsi ; et si Dieu était dans le Christianisme, si la doctrine du Christ est divine, si l'humanité en Jésus a été divine, si Jésus, comme il le dit lui-même , a été sanctifié par le Père de toutes choses, on peut , on doit expliquer riiistoire des dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis Jésus jusqu'à nous sans dualité radicale ,

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