‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 207 sur 216 · LIVRE SnClÈME · texte numérisé non relu

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côté, a continué jusqu'à nos jours, et que la nation juive a pu être détruite par la violence, mais ne s'est jamais convertie. D'un autre coté, cette synthèse, comme Jésus et S. Paul l'avaient comprise, ne s'étant pas réalisée, la fin du monde n'étant pas venue , la résurrection des morts ne s'étant pas opérée, le règne de Dieu n'étant pas descendu sur la terre, cette synthèse, dis-je, a fini par devenir pour les Chrétiens une prédiction vague et incertaine. De siècle en siècle on en a reculé la venue , et finalement, depuis le seizième siècle surtout, elle n'exerce plus aucune influence; elle est définitivement passée à l'état d'un nuage fantastique qui accompagne plutôt ce qu'on appelle aujourd'hui le Christianisme qu'il ne le constitue.

Cette fin du monde , cette résurrection des morts, cette venue du règne de Dieu sur la terre, qui faisaient la foi des premiers Chrétiens, ne s'étant pas réalisées, nous verrons comment TÉglise fut ohligée de revenir aux anciennes croyances de paradis et d'enfer. C'est-à-dire que, malgré la venue du Christianisme, l'Église, en s'obstinant à conserver la forme fausse que le Christianisme avait revêtue dans les premiers siècles, ne fut guère plus avancée sur celte question de la vie future qu'on ne l'était avant le Christianisme. En effet , la solution comprise et admise dans ces premiers siècles étant reléguée dans un lointain indéfini , il

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se trouva qu'il n'y avait plus de solution donnée au problème. I^ problème revint donc avec toutes ses difficultés. Un homme meurt , que devient son âme ? S. Paul disait : Elle sommeille jusqu'au temps fort prochain de la résurrection et du jugement dernier. Son corps même se retrouvera alors tout entier, et cet homme sortira de la tombe pour vivre sur la terre éternellement avec tous les autres hommes qui ont vécu en Adam ; car le monde alors s'arrêtera, en ce sens qu'il ne sera plus produit de nouveaux êtres. Jésus est riiomme de la fin des temps, l'Adam final. Mais que pouvait dire l'Église, qui voyait la prédiction sans accomplissement ?

Nous montrerons que c'est par là que le Christianisme est tombé. Les Chrétiens d'aujourd'hui, attachés qu'ils sont à la forme fausse que prit la vérité vitale du Christianisme, sont absolument dans le cas des Juifs, qui attendent le Messie, même après que l'époque prédite pour sa venue est depuis longtemps passée.

Mais à ces hommes qui demandent la vie éternelle^ il faut répondre comme Jésus : Entrez dans la vie. Le plus évangélique des évêques modernes, le plus inspiré des pasteurs modernes du troupeau de Jésus, Fénelon, quand il a voulu peindre le pa-

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radis, a-t-il trouvé d'autres images que celles-ci : « Ils ne font tous ensemble qu'une seule voix, une « seule pensée, un seul cœur ; et une même félicité «c fait comme un flux et reflux dans ces âmes « unies (i). »

L'erreur de la plupart des hommes est de confondre la vie avec ses manifestations.

Il y a deux mondes : le monde de l'être, et le monde des manifestations.

A l'essence de la vie répond donc un ordre, et à la manifestation de la vie un autre ordre.

La vie est toujours présente.

Donc ce présent embrasse le temps dans son iui* mensité, dans son infinité.

Vous êtes éternel, puisque vous vivez. La vie en elle-même est éternelle et infinie.

Vous êtes éternel comme homme; vous embrassez l'éternité sous l'aspect de l'humanité. Vous êtes Dieu-Homme.

Ensuite, et dans une autre sphère, viennent les manifestations : ce que vous étiez hier, ce que vous êtes aujourd'hui, ce que vous serez demain; non pas réellement ce que vous étiez, ce que vous êtes, ce que vous serez, mais ce que vous manifestiez ,

(0 Télèmaqite, \iy.\lX,

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ce que vous manifestez, ce que vous manifesterez.

r^'erreur de la plupart des hommes , encore une fois, est de confondre la vie avec ses manifestations, et de ne pouvoir distinguer ce que nous venons de distinguer, Vélre et ses manifestations ; de ne pas comprendre que la vie est toujours présente, et par conséquent éternelle; que par conséquent nous vivons éternellement par cela seul que nous vivons.

Vous êtes , donc vous avez la vie éternelle ; car être emporte Tinfinité et l'éternité.

Vous n'avez, il est vrai, cette vie qu'imparfaitement, et comme une créature ; vous ne l'avez pas comme Dieu , qui Ta d'une manière infinie ; vous ne l'avez que d'une manière finie. Mais enfin vous l'avez.

Mais ensuite s'agit il de la vie manifestée, il faut à cette vie un objet, il vous faut un objet; cet objet est fini, comme vous-même l'êtes en essence.

Voilà le temps, voilà l'espace, non plus le temps dans son immensité, l'espace dans son immensité, mais le temps limité, l'espace limité.

Ainsi la vie manifestée est toujours dans le temps et dans l'espace.

Donc, étant éternels et infinis, c'est-à-dire participant de l'éternel et de l'infini de cette façon, nous trouvons par là même en nous la certitude

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