LIVRE SIXIÈME. Si S
me semble fausse et absurde, et reconnaître néan-^ moins qu'il y a dans ses recherches une multitude de vérités de détail, et qu'ainsi ses égarements même ont leur prix. Mais, je le répète, nous n'avons nul besoin de la restitution ^ vraie oU fausse , de l'ancienne langue hébraïque par Fabre d'Olivet , pour être assuré o^i^Adam dans Moïse veut dire Vhumanité.
Il est vrai que si nous admettions l'érudition de Fabre d'Olivet, le texte méme^ dans son sens direct et littéral , proclamerait cette vérité. Car Adam^ d'après la valeur originelle des racine^ hébraïques, suivant Fabre d'Olivet, se trouve signifier l'homme unwerseL Voici la traduction dans ce système des versets a 6 et 27 du chapitre premier de la Genèse : « Continuant à déclarer sa a volonté , il avait dit, Lui-les-Dieux: Nous ferons « l'homme-imiversel ( Adam ) , en notre ombre rétf fléchie, suivant les lois de notre action assimi- « milan te; afin que, puissance collective, il tienne « universellement l'empire , et domine , à la fois , <c et dans le poisson des mers , et dans l'oiseau des a cieux , et dans le quadrupède , et dans toute « Tanimalité , et dans toute ^îe reptiforme se « mouvant sur la terre. Et lui, l'Etre des êtres, « avait créé l'existence potentielle de l'homme- « universel (Adam) en son ombre réfléchie ; en son « ombre divine , il l'avait créé ; et , puissance col-
5iG DE l'humanité.
« lective , il l'avait identifié ensemble mâle et « femelle. »> Et voici la remarque dont Fabre d'Olivet accompagne ces deux versets : ce Moïse, dit-il, H ne tombe point ici dans l'erreur moderne , qui « a fait de l'homme un genre particulier dans le ce règne animal. Mais^ après avoir terminé tout ce « qu'il voulait dire sur le règne élémentaire, sur le « règne végétal , et sur le règne animal , il passe à « un règne distinct et plus élevé , qu'il nomme « Adam. Parmi les savants qui ont cherché Féty- « mologie du mot Adam , la plupart se sont ar- « rêtés à ses enveloppes les phis grossières. Ils n'y c< ont vu presque tous qu'un limon rouge, ou sim- « plement im limon , à cause de deux mots com- « posés qu'ils ont à tort pris pour des racines, et « dont l'un signifie rouge ou rougi ^ et l'autre la « terre en général ; tandis que le mot Adam , « étant plus simple, n'en peut pas absolument « sortir. Les prêtres égyptiens, auteurs de ce nom « mystérieux, comme d'une grande partie de ceux « que Moïse emploie, l'ont composé avec un art « infini. Il présente trois sens, ainsi que la plupart tf de ceux qui entrent dans la composition du « BerœshUh{\\ Le premier, qui est le sens propre, « a été restreint de plus en plus, à mesure que les « idées des Hébreux se sont rétrécies et matéria-
( I ) C'est le nom de la première partie du Sépner,