LIVRE SIXIEME. 5l
à chaque phase de création qui précède celle d'Adam, dit très-expUcitement qu'il s'agit de la création de Yespèce de chacun de ces êtres. A chaque être nouveau qui sort de la pensée divine, revient sans cesse, dans le texte, cette formule : « Selon son espèce : juxta genus suum , » comme traduit la Vulgate. Cette formule commence dès le verset 1 1 du chapitre P^ , où il s'agit du règne végétal : « Dieu dit : Que la terre pousse « de l'herbe portant semence , et des arbres frui- « tiers, portant du fruit selon leur espèce^ qui « aient leur semence en eux-mêmes sur la terre; et « ainsi fut ( i ) ; » ou, comme traduit Fabre d'Olivet : « Il avait dit , Lui-les-Dieux : La terre fera végéter « une herbe végétante et germant dun germe « inné; une substance fructueuse , portant son « fruit propre, selon son espèce^ et possédant en « soi sa puissance semencielle ; et cela s'était fait « ainsi. » Aux versets 2 1 et suivants du même chapitre, quand vient la création des animaux, la même caractérisation très»nette et très-formelle, pour exprimer qu'il s'agit des espèces^ et non, en aucune façon, d'êtres particuliers, revient à chaque instant : « Et lui, l'Être des êtres, avait créé
(i) C*estla traduction de la Vulgate : « Et ait: Germinet terra herbam " virentem et facientem semen , et lignum pomiferum faciens fructum ^' juxta genus suum, cujns semen in semetipso sit, super terram ; et fac- - tum est ita. »
^y^o • DE l'humanité.
« Vexistence potentielle des grands animaux ma- « rins et celle de toute âme de vie animée d'un « mouvement reptiforme, dont les eaux émettaient u à foison les principes, selon leur espèce , et celle « de tout oiseau, à l'aile forte et rapide, selon son « espèce... Il avait béni ces êtres, et leur avait dé- « daré sa volonté, disant : Propagez-vous, et mulu tipliez-vous, et remplissez les eaux des mers , et « que \ espèce volatile se multiplie sur la terre... tf Et LOi-les-Dieux avait dit encore : La terre émettra « de son sein un souffle de vie selon son espèce , « animé d'un mouvement progressif, quadrupède a et reptile, animalité terrestre, selon son espèce; ce et cela s'était fait ainsi. 11 avait donc déterminé , « II3I, rÊtre des êtres, \ existence potentielle de '• cette animalité terrestre, selon son espèce ^ et « celle du genre quadrupède, selon son espèce, « Et, considérant ces choses, il avait jugé qu'elles tf seraient bonnes ( i ). « C'est alors que vient la création d'Adam : « Continuant ensuite à déclarer sa i< volonté, il avait dit, LUf-les-Dieux : Nous ferons « Adam, etc. » N'est-il pas évident que c'est le genre humain, \ universel Adam^ \ homme uni" i^erselj comme traduit Fabre d'Olivet, après l'ancienne version samaritaine; que c'est, en un mot, l'homme selon son espèce , l'espèce homme, et non
( « ) Traduction de Fabre d'Olivel.