LIVRE SIXIÈME. Dit
un certain homme en particulier? De même que le végétal, au verset ii, est la puissance potentielle végétale , être virtuel , ayant sa semence en lui-même , immortel , par conséquent , parce qu'il se reproduit ; de même qu aux versets a i et suivants, les cétacés, les reptiles, les oiseaux, sont des espèces , et qu'il ne s'agit pas d'êtres particuliers, mais de Vêtre même de ces espèces j ce que Hoïse appelle V existence potentielle et selon t espèce j c'est-à-dire l'existence ou l'être générique, ou ce qu'il appelle encore un souffle (particulier) de vie selon t espèce^ c'est-à-dire une vie générique, collective, immortelle, capable de se concentrer ou de se répandre, illimitée, par conséquent, dans le temps et dans l'espace ; de même , évidemment , \homme qui arrive à la suite de toutes ces créations est l'être potentiel homme , considéré comme une unité, une vie générique, collective, immortelle , capable de se concentrer ou de se répandre, illimitée , par conséquent , dans le temps et dans l'espace.
C'était un aphorisme des anciens docteurs juifs , que a la taille d'Adam s'étendait d'un bout du a monde à l'autre ( i ). » Ces anciens docteurs avaient raison , et les rabbins qui ont pris grossièrement leur idée , comme si le premier homme
(i; Ba}le, art. Adam.
f>a2 D£ LUUMANITÉ.
avait été un géant , ont montré bien peu de sens. Adam est un géant, en effet; car c'est rhumanité toujoiu*s vivante.
Mais remarquez bien , en même temps, que cette humanité est un homme. Comme nous lavons dit, en effet, et comme nous avons essayé de le démontrer plus haut ( I ) , il y a en Dieu identité entre l'homme, ou chaque homme, et l'humanité. L'humanité est en chaque homme, et chaque homme est l'humanité. Chaque homme, dis-je, est l'humanité dans une manifestation particulière; et pourtant l'humanité, dans toute son infinité, dans toute sa force potentielle, existe virtuellement dans chaque homme. De même qu'un chêne reproduit un chêne , et contient virtuellement l'espèce tout entière ; de même l'homme reproduit l'homme , et contient virtuellement l'espèce tout entière. Quand on a saisi cette idée , évidente d'ailleurs pour qui n'a pas le sens obstrué par le faux indivi* dualisme moderne , la création de l'humanité est la création de l'homme ou d'un homme. L'idée d'espèce est adéquate à l'idée d'un être particulier, parce qu'un être particulier n'existe pas indépendamment d'une espèce à laquelle il se rapporte, et (]u'au fond il est cette espèce.
Je ne sais si je m'abuse, mais il me semble c^ue
( « ) Dans le Livre y .