LIVRE SIXIÈME. 5a
(lès qu'on a compris ç^Adam est [espèce hw* moine , dans le récit ou plutôt dans le mythe moïsiaque, ce mythe, dont la profondeur a fasciné et entraîné tant de générations, sans avoir été pour* tant véritablement entendu et expliqué jusqu'ici, est d'un sens assez facile à découvrir.
J'avoue que je suis en partie de l'avis de Fabre d'Olivet lorsqu'il dit de la Genèse: « Ce livre est un a des livres géniques des Égyptiens, sorti, quant à sa « première portion, appelée ^e/*â?.fA2VÀ, du fond des a temples de Memphis ou de Thèbes. Moïse, qui en « reçut les extraits dans le coiurs de ses initiations, « ne fit que les lier entre eux, et y ajouter, selon la « volonté providentielle qui le guidait, les lumières «de sa propre inspiration, afin d'en confier le « dépôt au peuple dont il était reconnu pour le « prophète et le législateur théocrate (, i )• «
Je crois, comme Fabre d'Olivet, que la Genèse de Moïse est un débris ou un résumé de la science des prêtres d'Egypte. Il me parait absurde de l'attiibuer, comme on a £ait quelquefois, soit à Esdras, soit à quelque Hébreu du temps de David et de Salomon. Indépendamment des preuves historiques qui renversent ces suppositions, et font remonter les diverses branches du Pentateuque à Moïse ou à l'époque de Moïse, il y a, dans la
(i) JLa Langue Héèraïque restituée, Dîsseri. inttoductive.
5'j4 ^£ l'humanité.
Genèse en particulier, un caractère métaphysique qui décèle la pensée méditative des prêtres ^yp* tiens. Quelle autre origine d'ailleurs la Providence pouvait-elle donner à ce monument , sur lequel s'est élevée la religion juive, et, par suite, la religion chrétienne ! Rien ne meurt , rien ne doit ni ne peut mourir des grandes civilisations; et, puisque FÉgypte s'est anéantie sans laisser après elle de traces dignes d'une si longue et ^ brillante existence, il faut bien croire que sa vie a passé mystérieusement dans l'humanité qui l'a remplacée. Or les Grecs et les Romains, quoique lui ayant beaucoup pris , nous ont^ils réellement donné le dernier mot de la science égyptienne? Py thagore , peut-être , aurait pu le faire. Mais il en a été de Pythagore et de son école comme des. collèges de Thèbes et de Memphis. Nous avons sur tout cela des témoignages, mais pas de monuments qu'on puisse appeler autographes. Je vois donc peu de difficulté à croire que Moïse, élevé, comme disent les Actes des apôtres , dans toute la science des Égyptiens, nous a transmis dans la Genèse un véritable monument de cette science* Le mythe philosophique et historique à la fois de ce qu'on nomme aujourd'hui la création et la chute d'Adam me paraît, en particulier, un résumé de la science égyptienne sur l'homme et l'humanité, f^a métaphysique, et une métaphysique très-pro-»