‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 31 sur 216 · LIVRE SlXlJr.M · texte numérisé non relu

LIVRE SlXlJr.M

de l'homme par laquelle, en passant de Y ignorance à la connaissance, il passa en même temps de f unité à la distinction et à Vindiifidualitéy et cette RÉDEMPTION par laquelle , en continuant de progresser dans la connaissance, il essaya , en Jésus- Christ, de se régénérer dans Yunité, de rentrer dans VurUtéy sans renoncer à la distinction^ à Yindividualîté.

Examinons sans préjugé le récit de la Genèse que nous venons de citer, et la suite de ce récit.

N'est-il pas évident d'abord qu'il s'agit en efFet là de connaissance y de science? Moïse pouvait-il s'exprimer plus clairement ? pouvait-il répéter plus souvent qu'il ne l'a fait, et plus positivement, que son but était de dire comment l'homme avait passé de l'état d'ignorance à l'état de science, et comment de là venait son malheur?

Quel est le nom de l'arbre défendu ? Cet arbre se nomme l'arbre de la connaissance du bien et du mai; c'est ainsi que Dieu lui-même l'appelle dans la défense qu'il fait à Adam d'en goûter: De omni ligno hortorum comede; de arbore vero scient iœ boni et maliy de en {inquam) haudquaquam cornedas; nam quacumque die ex ea comedes , morte morieris (1).

Est-ce pour éprouver Adam, pour lui fg^ire une

(I) VMlgî^tc.

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à Eve, et dans les pronostics fâcheux qu'il tire de leur faute relativement à leur condition ftiture, ne parle même pas de la mort, ou n'en dit un mot qu'accidentellement , à propos du labeur incessant qui sera désormais leur condition : « Tu (( mangeras ton pain à la sueur de ton visage , juste qu'à ce que tu retournes en la terre, d'où tuas « été pris ; car tu es poudre , et tu retourneras en « poudre (i). » Du reste, rien dans les paroles de Dieu , après la chute , qui réponde nommément à cette prédiction antérieure, que l'on prend vulgairement pour un châtiment promis à la désobéissance d'Adam : « Si tu goûtes au fruit de l'arbre « de la science, tu mourras. » Dieu sait qu'Adam et Eve sont , par le fait de cette connaissance qu'ils ont acquise, transformés psjchologiquernffnty au point que d'immortels qu'ils étaient en son sein, à cause de la non-distinction, les voilà passibles de la mort, à cause de la distinction; il les sait donc morts y c'està-dire conscients de la mort, par le seul effet de la connaissance; il les sait devenus sujets.de la mort, susceptibles de concevoir le non-étre ou la mort, comme ils sont devenus sujets de la crainte, susceptibles de concevoir la honte. La honte , la crainte, la mort, tout ce qui nous sépare^ tout ce qui, en brisant \ unité, nous isole et nous aban*

(i) Vulgalc , ch. m , V. 19.

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