U£ L*HUMAN1TÉ
Le mythe de Caïii etd'Abel qui, dans la Genèse, suit immédiatenient celui d'Adam, est la contiiiuation de l'histoire de l'humanité entrée dans li science et dans ta civilisation par l'égoïsme. Cet autre mythe, presque aussi fameux que le premier, a frappé tous les peuples qui l'ont connu par sa grandeur et sa tristesse. L'idée que , dans la famille humaine primitive, le meurtre, le fratricide, s'introduisit si subitement, a pris les imaginations, et, en consternant le cœur , a fait réfléchir la pensée. Mais est-ce bien d'une famille, est-ce de deux frères nés de la même mère, que Moïse a voulu parler? Oui, sans doute, mjrthiquementy mais non pas dans le sens vulgaire. Moïse a voulu symboliser dans le meurtre d'Abel par son frère Caïn l'envahissement, le despotisme, la violence, en général, et en particulier l'établissement de la propriété exclusive et jalouse.
Quoi ! va-t-on me dire , Moïse , ou les prêtres d'Egypte, que Moïse représente ici suivant vous, connaissaient donc cette idée de quelques utopistes, de quelques rêveurs , que le mal est issu dans le moiide de la propriété ! Quoi ! déjà quinze siècles avant Jésus-Christ, on disait anathème à la distinction du Uen et du mien^ comme More, ou Bousseau, ou Babeuf ont pu le faire ! I.es prêtres d'Egypte, ou Moïse , sentaient à ce point les doctrines modernes ! Ah ! prenez garde d'attribuer maladroite-