‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 44 sur 216 · L1VR£ SIXIÈME · texte numérisé non relu

L1VR£ SIXIÈME

iiairement de ces magnifiques symboles de la Genève y n'avait jamais compris l'histoire de Caïn de cette façon. Il croit, sur la foi de S. Jérôme , que Dieu condamna Caïn à errer sur la terre. Et, fort de ce point, il me demande comment je puis voir dans Caïn condamné par Dieu à errer sur la terre le symbole de la propriété égoïste et jalouse. Mais le lecteur a été tout simplement induit en erreur par S. Jérôme. Caïn, dans la Genèse^ est si peu condamné à errer sur la terre, dans le sens propre du mot, que la première chose dont il s'occupe après la déclaration que Dieu lui a faite est Ae fonder une ville : « Alors Caïn sortit de de- « vant la face de Jéhovah , et habita dans la terre « de Nod (la terre ai exil ou de refuge)^ à l'orient « d'Eden. Puis Caïn connut sa femme, qui conçut « et enfanta Hénoch. Et il bâtit une ville qu'il ap- « pela Hénoch , du nom de son fils ( i ). »

La grande obscurité répandue jusqu'ici sur ce mythe de Caïn vient de deux choses : d'abord, de ce que l'on s'imagine qu'il y a dans ce chapitre une condamnation de Dieu sur Caïn; et, ensuite, de ce qu'on n'a pas compris la pensée métaphysique que l'on prend à tort pour cette condamnation.

Véritablement, il n'y a pas plus de condamna-

(i) Chap. IV, vers. 16-17. ^^ "«>"> d'Hénoch, limite ^ iimifation , e/|ceinte, équivaut à celui de viUe.

tion portée par Dieu sur Caïn , dans ce quatrième chapitre de la Genèse , qu'il n'y en a sur Â4aiD , dans le troisième. Dieu ne condamne pas , Dieu prophétise; j'entends que Dieu, par prescience^ fait connaître à Gain la suite de son crime , c'e^tà-dire les conséquences funestes de Végoi^me jaloux qui lui a inspiré ce crime , comipe il avait fait connaître à Adam et à Eve les suites funestes de leur entrée dans la connaissance par régoïsme. Il lui dit donc positivement ce que j'ai exprin^é plus haut, à savoir que, pour avoir été égoïste 9 il s'est rendu misérable; que son avidité de tout avoir, de tout posséder, le condamne désormais à être pauvre; qu'il a voulu usurper la terre, et qu'il s'est j^vi , dans un certain sens, la terre, c'est-à-dire la richesse ; qu'il a tué son frère , et que son frère était prédestiné à le faire riche, lui, Cmn; que la terre ou la richesse devait être cultivée par eux deux ; que la terre, n'étant plus cultivée par Abel , ne lui rendra plus son fruit à lui-même, Caïn. En un mot, s'il faut que je le diser c'est une profonde et sublime leçon d'éconpmie politique que Moïse met dans la boiiche de l'Être qui est toute science, parce qu'il est la vie.

En doutez-vous? Relisez les versets que j'ai cités, et trouvez-leur im autre sens; il n'y en a pas d'autre. Le texte est si positif et si précis , que les traducteurs ont bien été forcés de traduire

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