‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 52 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

cent ans à six des patriarches avant la naissance de leurs fils, ne changeant rien du reste. Il en résulte, dans les nombres donnés par le texte hébreu actuel et par la Vulgate, qui s'est conformée à ce texte, une désharmonie si bizarre, qu'on soupçonnerait l'erreur au premier coup-d'œil. En effet les patriarches auxquels les rabbins ont ainsi enlevé le chiffre de cent, se trouvent d'une précocité étonnante dans leur génération, par rapport aux autres^ auxquels les rabbins n'ont rien ôté de leur âge. Ces derniers n'ont de postérité qu'après qu'ils ont déjà passé deux ou trois siècles sur la terre; les autres ont des enfants dès la première moitié (le leur premier siècle. Cette altération du texte hébreu n'existait pas encore du temps de Josèphe ; car cet historien donne positivement dans ses ^/itiquilés (i) la même liste généalogique des patriarches et de leurs âges que nous trouvons dans les Septante; et il affirme, dans la préface de cet ouvrage, qu'il a tiré directement et traduit de l'hébreu tout ce qui concerne la haute antiquité (le sa nation. Mais cette altération avait déjà été faite par les copistes juifs dès le cinquième siècle; car S. Augustin la remarque et la signale comme une fraude dans sa Cité de Dieu (2). On suppose

(i) Livre I, ch. 4.

(s) « Il ne peut , dit-il , croire que cette répétition d'une erreur qui <( revient UDiformément pour tant de patriarches suit Teffet du hasard : « Erroris constantia non casum redolet^ sed industriam. >»

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