LIVRE SIXIÈBIE
OU le Cali'jougaj est de 43^,000 années humaines.
I^es prêtres chaldéens plaçaient donc le déluge à la fin de ce que les Indiens appellent un âge divin; et leur mythe des dix rois antédiluviens , qui régnent 432,000 ans, est l'expression symbolique de la durée du quatrième âge de cet âge divin, ou du Cali'jrouga.
Qui voudra croire maintenant que la Genèse de Moïse, dans la supputation des générations d'Adam à Noé , ait un sens chronologique et historique ! Les noms tirés de Bérose rappellent de tout point les noms donnés par Moïse , et leur signification est en parfait rapport avec le mythe principal de la chute d'Adam et des suites de son péché. Donc, chez les Chaldéens aussi, ce même mythe était connu. Or voilà Bérose qui donne pour durée à ses personnages mythiques un cycle évidemment imaginaire, un de ces cycles que l'Orient avait rêvés, en portant aussi loin que possible toutes les conjectures que la philosophie numérique, se livrant à une sorte de poésie effrénée, pouvait engendrer. Bérose nous prouve évidemment par là que les nombres donnés par Moïse sont, comme les siens, l'expression symbolique d'une période, d*un cycle inventé, non pas à plaisir, mais d'après les conjectures de la science antique.
Je vais plus loin , et je dis qu'il est impossible de ne pas soupçonner un lien entre la supputa-
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tion de Moïse, celle de Bérose, et les âges indiens. Je dis même que nous pouvons assigner le fondement commun de tous ces calculs
IjSl base commune de tous ces calculs me parait être la célèbre période astronomique de 600 ans, le neros des Chaldéens.
Les Chaldéens avaient des mesures qui leur servaient en astronomie; ils en avaient une entre autres appelée néros: c'était une révolution de 600 ans. Au jugement de Cassini et de quelques autres savants astronomes qui se sont occupés de ces choses dans les deux derniers siècles, cette période de 600 ans est une des plus belles et des plus utiles qu'on ait encore inventées en astronomie ; car c'est à cet espace de temps que l'on peut fixer l'époque du retour du soleil et de la lune aux mêmes points du ciel.
N'est-il pas évident qu'un pareil rétablissement de l'ordre sidéral dut frapper les anciens sages , et que cette période caractéristique dut beaucoup les occuper?
Je dirai, en passant, que cette période de six siècles pourrait peut-être expliquer ce problème si intéressant, et qu'on s'est souvent posé sans le résoudre : Pourquoi la durée de la semaine a-t-elle été uniformément dans l'antiquité de sept jours, dont le septième est le jour du repos , le jour de Saturne, de Rronos, le jour du Sabbat? Pourquoi