LIVRE SIXIÈME
Seth, le I^amech correspondant au législateur du même nom dans 4a race de Caïn engendre Noé le réparateur^ qui a trois fils, Sem^Cham, et Japhet. Or Sem, Gham, et Japhet, reproduisent, quoique dans un Ordre différent, Caïn, Abel , et Seth, de même que Noé reproduit Adam.
La vraie cause du déluge , suivant le récit de Moïse, c'est que la race de Seth se mêla h la race de Caïn. Qu'arriva-t-il donc? Un nouveau développement du mal. Car les hommes de la connaissance s'étant laissé corrompre par la volupté, et s'étant alliés avec les hommes de l'égoïsme et de la sensation , l'égoïsme et la sensation l'emportèrent, et s'accrurent de tout ce que la science put leur fournir d'armes nouvelles. La propriété exclusive, l'inégalité, la tyrannie, et par conséquent tous les vices et tous les crimes qui résultent de l'égoïsmCj ne connurent plus de bornes. L'homme se perdit tout-à-fait Dieu vit que l'humanité ne pouvait plus se sauver sans un prodige. H anéantit donc, par le déluge, la race de Caïn tout entière et une partie de la race de Seth. Une humanité nouvelle parut sur la terre.
Voici le récit littéral de la Genèse, Je le diviserai en versets , et je m'arrêterai au besoin à chaque verset , pour réfuter les absurdes interprétations auxquelles ce texte a donné lieu :
<c Chapitre VI ^ verset i . Or, il arriva qu'x^dam I. 4o
6aG DE L HUMANITÉ.
c( s'étant livré à la dissolution dans l'acte de mul- « tiplier sur la terre , des filles furent abondam- « ment engendrées à lui. »
Il est évident que Moïse signale ici les effets de la volupté effrénée et de la polygamie. Nous avons vu que la polygamie a déjà été flétrie par lui, comme une invention de la race de Caïn. Il en montre ici les effets y la multiplication inégale et disproportionnée du sexe féminin. On sait qu'en Asie il y a généralement un nombre beaucoup plus considérable de femmes que d'hommes. On cite sur ce continent tel pays où règne la polygamie, et où il y a dix femmes pour un homme. Les savants qui, dans ces derniers temps, ont reconnu que la multiplication inégale des femmes devait être attribuée à la polygamie s'étonneront peutêtre que Moïse fut aussi savant qu'eux; mais il y a tant de science et de profondeur dans tout le Pentateuque, qu'ils voudront bien admettre, je crois, que Moïse ou les prêtres égyptiens avaient réfléchi sur ce point. Les Hébreux, sans doute, pratiquèrent la polygamie, quoique dans des limites plus restreintes que beaucoup d'autres peuples de l'Orient. Mais il s'agit ici de Moïse, qui avait, certes, des notions pliis élevées et plus profondes que n'en eut son peuple sur la vérité et le principe des choses. Je dis donc que ce verset a le sens que je lui donne. La traduction de la Vulgate :