LIVRE SIXIÈME. 6iy
Cumque cœpissenl homines multiplicari super terram et filias procréassent, n'a absolument aucun sens. Est-il possible, en eâPet, que Moïse ait écrit un non-sens pareil à celui-ci : « Après que les « hommes eurent commencé à se multiplier sur « la terre , et qu'ils eurent engendré des filles. » Il est bien sûr qu'il ne pouvaient se multiplier sans engendrer des filles. Le texte hébreu exprime j>ositivement qu'il s'agit d'une multiplication abon^ dante et disproportionnée du sexe féminin par rapport à l'autre sexe. Ce même texte exprime que cette multiplication disproportionnée provenait de la dissolution d'Adam dans l'union des sexes. En un mot, Moïse continue à faire l'histoire des effets de la chute d'Adam.
« F'erseti. Et les fils de Dieu considérèrent ces « filles d'Adam, et les trouvèrent belles; et ils (( prirent pour eux des épouses de toutes celles « qu'ils chérirent le plus. »
Voilà une expression , les fils de Dieu , qui a donné lieu à une multitude de rêveries. Au lieu de voir le sens bien simple de cette dénomination , l'imagination s'est exaltée; et dévots et savants ont cru découvrir là une foule de mystères. On s'est dit : les fils de Dieu ont aimé les filles des hommes; il y à donc desj^ls de Dieu, différents de l'humanité! Ce sont des anges assurément^ ont dit les uns. Peut-être des démons , ont répondu