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sulta une grande multiplication des femmes. Dans laquelle des deux races de Gain ou de Seth , cette multiplication avait-elle eu lieu? Certainement dans celle de Gain , qui ne suivait que la sensa^ tion, et qui, comme nous l'avons vu, avait institué la polygamie. Donc Moïse , voulant exprimer que les fils de Seth s'abandonnèrent aussi à la polygamie et s'unirent à la race de Gain, doit appeler ici la race de Seth la race sainte , ou les fils de Dieu, tandis que l'autre race qu'il vient d'appeler Adam, à cause du péché même d'Adam et des suites de ce péché , doit être pour lui la race du péché, ou la race d'Adam. Et de là cette expression Ae filles d'Adam. , c'est-à-dire de filles dont la naissance exubérante et disproportionnée eut lieu par suite de l'abandon de l'unité et de l'établissement de la polygamie, en contraste avec celle de fils de Dieu pour caractériser les enfants de Seth. Cette qualification de race sainte, ou d'enfants de Dieu, n'est-elle pas d'ailleurs expliquée et justifiée par cet autre verset de la Bible où ^Enosh, le fils de Seth , se place sous l'invocation de Dieu lui-même: Iste cœpit invocare nomen Domini.
« Verset 3. Et Jéhovah dit : Non , je ne pro- « diguerai pas éternellement à Adam mon sou£(le « vivifiant, pour qu'il décline de plus en plus et « se perde entièrement ; car il n'est que chair. Sa « durée sera cent vingt ans. »
63o DE l'humanitk.
Ce verset achèverait, au besoin, de prouver que les /ils de Dieu^ du verset précédent , ne sont autres que les enfants de Seth. Dieu, voyant que les deux races se sont mêlées, s'irrite contre l'humanité, contre Adam, qui n'est que chair. Il ne s'agissait donc, dans ce qui précède, ni d'anges, ni de démons , ni d'êtres fantastiques d'aucune espèce, mais d'hommes, des hommes, de l'humanité , des deux races sorties d'Adam. La Yulgate traduit : Non pernianebii spiritus meus in homine in œternum, quia caro est; eruntque dies illius œntum vigenti annorum. Le sens est conservé dans cette version ; seulement la Yulgate a omis ce trait important de la détérioration toujours croissante de l'homme, qui ramènerait l'homme au-dessous de l'animalité, ce que Jéhovah veut empêcher et prévenir.
ic Verset 4. Il y avait en ce temps des monstres « de domination sur la terre ; car après que les « fils de Dieu se furent unis avec les filles d'Adam, « et qu'ils eurent engendré des fils qui partici- « paient de ces deux origines , ceux-ci furent les « puissants, qui écrasèrent pour toujours les a autres de leur tyrannie. » Voil^ encore un verset qui a donné lieu à bien des conjectures absurdes. S. Jérôme conserve jusqu'à un certain point le sens général en traduisant : Giganles auteni erant super terram in diehus illis. Postquam pnim
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ingressi surU fila Deiacl filias hominum^ illœque genueruntj isti sunt po tentes a seculo, virifamosL Mais ce malheureux mot de gigantes , par lequel il a rendu le mot hébreu nephiltm , a été une source d'erreurs. Le radical de ce mot nephiltm exprime l'idée d'une chose à part, élevée au-dessus de toutes les autres. Ce mot lui-même veut dire des hommes supérieurs, en bien ou en mal. Aussi les étymologistes Font-ils rapproché avec raison du mot nobilis^ pour le sens et pour la racine. Pris en mauvaise part , il exprime évidemment des hommes puissants à l'excès, et dont la domination et la violence ne connaît pas de borne. Les hellénistes ont bien entrevu ce caractère de monstruosité que Moïse donne à ces nephilirn dont il parle ; mais n'ayant pas trouvé d'autre synonyme que celui de géants^ il en est résulté qu'on a vu là des géants véritables, et que le sens de tout ce chapitre est devenu complètement inintelligible. Il suffît de considérer un peu attentivement le texte pour s'apercevoir que ces géants prétendus sont, comme les^^ de Dieu, dont on a fait des anges ou des démons , le produit d'une mauvaise version. Il n'y en a pas trace dans la Genèse. Moïse continue toujours à décrire les suites du péché d'Adam , du péché d'égoïsme dans la connaissance. La race de Caïn , arrivée à l'établissement de la législation de I^amech, le
droit du plus fort, et à rengendrement des castes, n'était pourtant pas encore au fond du goufiîre creusé par le péché. Il pouvait arriver plus mal à l'homme 9 à Adam. Car si les hommes de la connaissance , les hommes qui primitivement s'étaient placés sous l'invocation de Dieu, venaient aussi à tomber dans la corruption, il devait en résulter un immense surcroît et comme un déluge de mal. En effet, qui pourrait résister à la science tournée vers le mal ? Or c'est ce qui arriva, dit Moïse ; les fils de Seth, les enfants de Dieu, voyant cette grande multiplication des femmes que la volupté et la polygamie avait produite dans la race de Gain, ne purent pas résister à l'attrait. Ils sorr tirent de l'unité sous le rapport du mariage , ils brisèrent cette unité que Dieu avait établie en créant primitivement l'homme androgyne ; ils s'allièrent aux filles du péché, aux filles d'Adam. Or que résulta-t-il de cette nouvelle famille? Il en résulta, dit la Bible, des monstres de domination^ de puissance, et de tyranipiie. Car les enfants sortis de ces unions participaient des deux races. Il y a dans le texte l'indication précise du rapport de cette nouvelle génération aux deux races dont elle était sortie, car le texte dit : ce Après que ces filles « d'Adam eurent engendré selon ces fils de Dieu. » S. Jérôme a supprimé ce rapport caractéristique. J-»a version samaritaine en reproduisant, à la fin