‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 68 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

du verset, le mot même par lequel elle a rendu le nephiltm du commencement, achève de nous montrer le sens parfaitement clair de tout ce passage.

<c Versets 5 et 6. Et Jéhovah considéra que la « méchanceté d'Adam se multipliait avec violence a sur la terre, et que toute pensée sortie de son « cœur versait le mal , et le versait d'une manière « irréparable pour toujours. Et Jéhovah retira à « soi le souffle dont il avait fait Adam sur la terre, « et il se contracta en son propre cœur. »

On sait que la Vulgate a traduit que Dieu se repentit d'avoir fait Fhomme : Pœnituit eum quod hominem fecisset in terra. Dès les premiers siècles du Christianisme , les hérésiarques remarquèrent cette horrible inconvenance d'un Dieu qui se repent de son ouvrage. Les philosophes du dernier siècle n'ont pas manqué non plus de s'em^ parer de cette accusation contre la doctrine de Moïse. Il n'y a rien, dans les expressions de Moïse, d'indigne de la majesté divine. La doctrine de Moïse est celle de l'émanation. Dieu n'est pas seulement créateur, il est conservateur ; il existe dans les êtres d'une façon immanente. Il suffit qu'il retire son souffle pour que les créatures meurent. Dieu ne se repent pas d'avoir fait l'homme; mais l'homme étant sorti, par la connaissance et la distinction, du gouvernement î^>so1u dç

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cord avec la version de S. Jérôme, attribue à la Bible d'avoir voulu exprimer, dans ce nom donné à Noé, qu'il découvrirait la vigne après le déluge, et consolerait ainsi l'humanité, est complètement ridicule. Fabre d'Olivet montre, d'après sa méthode, dans les radicaux qui composent ce nom, le signe de \ effort j suivi de \ existence. « Ce « nom , dit-il , offre l'idée de ce repos parfait qui a résulte, pour une chose longtemps agitée en « sens contraires, du point d'équilibre qu'elle rt rencontre , et où elle demeure immobile. » Noé, c'est donc l'humanité arrivée à. un certain état de repos ou d'équilibre. Vraiment ceux qui ont réduit le sens de ce nom à ce que Noé inventa, suivant eux, l'agriculture, ou même à ce qu'il planta la vigne, ont bien peu compris les sublimes pensées de Moïse. D'ui^ autre côté, Fabre d'Olivet, qui, dans ses rêveries d'alchimiste, voit dans Noé le sommeil de la nature, ou la nature livrée au repos de l'existence, et rentrant dans un état « dont le mystère, dit-il, ne saurait jamais. « être entièrement divulgué , » n'a pas mieux compris Moïse, en s'égarant par une autre route. Noé, c'est bien rhumanité , et la Genèse , en faisant sortir ensuite tous les peuples connus à cette époque de Noé, comme d'une tige commune, montre assez qu'il s'agit de l'espèce humaine. Mais c'est l'espèce humaine arrivée à up état d'équili^)re.

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