LIVRE SIXIÈME
du verset, le mot même par lequel elle a rendu le nephiltm du commencement, achève de nous montrer le sens parfaitement clair de tout ce passage.
<c Versets 5 et 6. Et Jéhovah considéra que la « méchanceté d'Adam se multipliait avec violence a sur la terre, et que toute pensée sortie de son « cœur versait le mal , et le versait d'une manière « irréparable pour toujours. Et Jéhovah retira à « soi le souffle dont il avait fait Adam sur la terre, « et il se contracta en son propre cœur. »
On sait que la Vulgate a traduit que Dieu se repentit d'avoir fait Fhomme : Pœnituit eum quod hominem fecisset in terra. Dès les premiers siècles du Christianisme , les hérésiarques remarquèrent cette horrible inconvenance d'un Dieu qui se repent de son ouvrage. Les philosophes du dernier siècle n'ont pas manqué non plus de s'em^ parer de cette accusation contre la doctrine de Moïse. Il n'y a rien, dans les expressions de Moïse, d'indigne de la majesté divine. La doctrine de Moïse est celle de l'émanation. Dieu n'est pas seulement créateur, il est conservateur ; il existe dans les êtres d'une façon immanente. Il suffit qu'il retire son souffle pour que les créatures meurent. Dieu ne se repent pas d'avoir fait l'homme; mais l'homme étant sorti, par la connaissance et la distinction, du gouvernement î^>so1u dç
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cord avec la version de S. Jérôme, attribue à la Bible d'avoir voulu exprimer, dans ce nom donné à Noé, qu'il découvrirait la vigne après le déluge, et consolerait ainsi l'humanité, est complètement ridicule. Fabre d'Olivet montre, d'après sa méthode, dans les radicaux qui composent ce nom, le signe de \ effort j suivi de \ existence. « Ce « nom , dit-il , offre l'idée de ce repos parfait qui a résulte, pour une chose longtemps agitée en « sens contraires, du point d'équilibre qu'elle rt rencontre , et où elle demeure immobile. » Noé, c'est donc l'humanité arrivée à. un certain état de repos ou d'équilibre. Vraiment ceux qui ont réduit le sens de ce nom à ce que Noé inventa, suivant eux, l'agriculture, ou même à ce qu'il planta la vigne, ont bien peu compris les sublimes pensées de Moïse. D'ui^ autre côté, Fabre d'Olivet, qui, dans ses rêveries d'alchimiste, voit dans Noé le sommeil de la nature, ou la nature livrée au repos de l'existence, et rentrant dans un état « dont le mystère, dit-il, ne saurait jamais. « être entièrement divulgué , » n'a pas mieux compris Moïse, en s'égarant par une autre route. Noé, c'est bien rhumanité , et la Genèse , en faisant sortir ensuite tous les peuples connus à cette époque de Noé, comme d'une tige commune, montre assez qu'il s'agit de l'espèce humaine. Mais c'est l'espèce humaine arrivée à up état d'équili^)re.