‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 7 sur 216 · LIVRE SIXli!:ME · texte numérisé non relu

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naces toutes temporelles et ces récompenses toutes temporelles , dont Dieu frappe sans cesse les oreilles des Juifs dans la Bible, ne pouvaient pas s'exécuter et avoir un exact accomplissement? Dieu dit: <jr Si vous gardez mes ordonnances, je vous enverrai de la pluie quand il vous en faudra, du soleil , et tous les biens de la terre. » Évidemment la chose était impossible. Moïse , en resserrant ainsi la vie, en ne lui donnant que l'espace et l'étendue du présent, avait trop présumé du bonheur qui pouvait résulter collectivement, et, à plus forte raison, individuellement, pour les Juifs, de sa législation. Le présent ne saurait nous remplir, ni porter en lui-même le bien, récompense du bien, le mal , punition du mal. Et il est si vrai que c'est là , en effet, le défaut de la législation de Moïse , que les livres saints eux-mêmes nous montrent les Juifs déserteurs de cette loi, précisément à cause qu'ils ne trouvaient pas que la compensation entre le bien ou le mal qui leur advenait et leiir attachement à la loi fût exacte ; en d'autres termes, parce que ni ces récompenses temporelles, ni ces peines temporelles, annoncées et jurées par le Dieu de Moïse, ne s'accomplissaient exactement. Warburton sentit la force de cette objection; mais ce savant homme aima mieux avoir recours à un miracle, et adopter une absurdité, que de renoncer à la perfection absolue du Mosaïsme.

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Il imagina donc un miracle continu de Moïse à Jésus, et consistant en ce que Dieu aurait attribué à chaque Juif individuellement le degré de bonheur ou de malheur que méritait son obéissance ou sa désobéissance à la loi. Ainsi une espèce d'ordre surnaturel aurait régné parmi le peuple de Dieu , en même temps que l'ordre naturel. Et, pour avoir voulu trouver parfaite la législation sans vie future, ou sans ordre surnaturel, de Moïse, Warburton se vit à la fin obligé d'admettre quelque chose de tout-à-fait inconcevable, savoir un ordre naturel au sein d'un miracle continu, ou , ce qui revient au même , un miracle continu pour réparer et rectifier l'ordre régulier de la nature et de la vie.

Mais une autre objection, non moins terrible, s'élevait encore contre ce système. Puisque cette législation avait eu un terme; puisque les Juifs eux-mêmes, dès une haute antiquité, s'étaient laissés aller en grand nombre aux opinions des nations étrangères sur l'âme et son immortalité; puisque finalement le Christianisme était venu , et avait développé non le Saducéisme, mais le Phariséisme et TEssénianisme, c'est-à-dire celles des sectes juives qui avaient embrassé l'idée de l'âme et de la résurrection ; en lui mot , puisque le Christianisme s'était fondé sur la résurrection dé Jésus, et sur la résurrection promise de tous les

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