‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 8 sur 216 · LIVRE SIXIKAIE · texte numérisé non relu

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hommes; la Loi de Moïse, qui avait laissé ignorer ce dogme d'une vie future , était donc imparfaite pour cela même.

Que répondre à cette dernière objection , qui porte sur l'idée? Il n'y avait pas là à répondre par un miracle. Warburton ne répondit pas.

Évidemment , comme le dit Lessing , qui reprit plus tard et corrigea l'idée de Warburton, ce savant homme avait tendu l'arc outre mesure. Il aurait dû se contenter de soutenir que l'absence du dogme de l'immortalité , qu'il apercevait dans Moïse , n'ébranlait en rien le caractère divin de sa mission ; mais il n'aurait pas dû voir là une perfection absolue. Une perfection absolue attribuée au Mosaïsme est inexplicable avec le Christianisme.

Tout considéré , le livre de Warburton , quelque riche qu'il soit d'érudition , et bien qu'il ait donné naissance à un grand nombre de réhabilitations modernes , plus ou moins remarquables , de l'ancien Judaïsme , ne valait pas , pour la théologie , le livre plus modeste du docteur Sherloch, qui l'avait précédé. Aussi est-ce au système de ce dernier que Lessing se trouva naturellement ramené , quand , frappé de la science de Warburton, et effrayé de son audace, il essaya de îî' expliquer à lui-même ce grand problème. Lessing ne cite pas et probablement ne connaissait

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point son devancier Sherloch ; mais il y a néanmoins une grande analogie pour le fond entre leurs théologies. Seulement, le docteur anglais de la fin du dix-septième siècle est profondément enfoui sous la superstition de la forme chrétienne , tandis que le théologien et philosophe allemand de la fin du dix-huitième siècle sort de cette forme usée de toute la hauteur d'un géant.

Qui ne connaît pas le petit livre de Lessing intitulé r Éducation du genre humain ? C'est un livre sublime, un livre prophétique, un de ces livres jetés hardiment à un instant solennel entre le passé et l'avenir. On prétend que, quand le paganisme tomba , le dernier Oracle émit cette parole : Les dieux s'en vont, que les Chrétiens interprétèrent en disant que les démons qui, suivant eux, étaient ces faux dieux , cédaient la terre à Jésus-Christ. A la fin du dix-huitième siècle, on pouvait dire aussi : Les dieux s'en vont. Toutes les religions étaient détruites, toutes les croyances dissoutes. Le Christianisme s'en allait rejoindre le Mosaïsme dans la tombe. Mais où était le principe nouveau destiné à sauver le monde , et devant lequel fuyaient les anciens dieux ? Lessing , le plus grand penseur de l'Allemagne depuis f.eibnitz, fut, pour suivre ma comparaison, un des mages qui visitèrent le nouveau-né dans sa crèche, et qui rannoncèrent à l'univers. Qu'il est touchant de voir ce théologien

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