‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 9 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

enthousiaste du Christianisme annoncer qu'il a aperçu une nouvelle lumière : « Je me suis placé « sur une colline d'où je crois découvrir plus loin « que la route tracée de mon temps. Mais je n'ap- « pelle pas hors du sentier frayé le voyageur pressé a qui ne cherche qu'à atteindre bientôt le gîte. Je « ne prétends pas que le point de vue dont je suis ic ravi doive ravir également tous les spectateurs. « Gela étant, m'est avis qu'on pourrait bien me (c laisser debout et en extase là où il me plaît de « rester à m' extasier. Et pourtant si , de l'éloigne- « ment immense que le doux crépuscule du soir « ne cache ni ne découvre entièrement à mes re- « gards, je venais à rapporter une indication dont « l'absence m'a si souvent embarrassé ( i ) ! »

Quelle était donc cette indication que Lessing rapportait à ce dix4iuitième siècle qui avait entendu retentir l'oracle : Les dieux s*en vont?

a Lessing, dit madame de Staei (2), soutient, dans « son Essai sur ^éducation du genre humain , que « les réifélations religieuses ont toujours été pm- « portionnées aux lumières qui existaient à lé- « poque ou ces révélations ont paru. L'Ancien Tes- « tament, l'Évangile, et, sous plusieurs rapports la « Réformation, étaient, selon leur temps, parfaitece ment en harmonie avec le progrès des esprits ; et

(i) Education dit g^enre humai/tf \yrcface. 'a) De t AUcmogne, partie IV, chap. i.

« peuf-étre,sui vaut lui, sommes-nous à la veille d'un « développement du Christianisme qui rassemblera (( dans un même foyer tous les rayons épars, et (( qui nous fera trouver dans la religion plus que « la morale, plus que le bonheur, plus que la phi^ « losophie, plus que le sentiment même, puisque (c chacun de ces biens sera multiplié par sa réunion « avec les autres. » Ce résumé de madame de Staël n'est qu'une expression fort incomplète du livre de IfCssing. L'idée profonde de Lessing est précisément celle que nous soutenons dans tout cet ouvrage, savoir que « le genre humain est un être collectif, animé d'une vie propre, et dont Dieu fait l'éducation, n Et, au-dessous, et plus profondément encore, on trouve dans Lessing cette autre idée dont nous sommes occupés à fournir ]a démonstration en ce moment, savoir que a Moïse a eu raison de ne pas enseigner aux Juifs l'immortalité de l'âme, telle que les païens l'ont en général comprise, telle que le vulgaire l'a acceptée chez tant de peuples, et telle qu'on la conçoit ordinairement aujourd'hui; car l'immortalité, ainsi comprise, est une erreur et une chimère. » Enfin, audessous encore et plus profondément , se trouve aussi dans Lessing, la vérité fondamentale que nous proclamons, savoir que « l'immortalité des âmes humaines est indissolublement attachée au développement (le notre espèce; que nous qui vivons

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