‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 84 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

maris de leur vie antérieure. Il les ressuscitera : donc ils seront vivants ; donc leurs anciennes conditions, leurs conditions passées, auront disparu. Ils vivront: donc ils vivront dans une condition nouvelle. Dieu est le Dieu des DivantSy et non pas des morts. Ne vous embarrassez donc pas de ce que, dans la résurrection^ vous avez une femme pour sept maris ; car la condition qui a uni successivement cette femme à ces sept maris sera transformée. Dieu saura bien trouver la solution de ce nombre sept et le ramener à l'unité. Dieu, dans son essence, n'est-il pas celui qui produit le nombre avec l'unité, et qui fait rentrer le nombre dans l'unité? n'est-il pas tout et tous^ n'est-il pas le un et le dii^ersj n'est-il pas V unité et la multiplicité , ne s'appelle-t-il pas iElohim, c'est-à-dire lui-lms-

DIEdxi

La doctrine de Moïse , la doctrine caractérisée par ces deux noms significatifs au plus haut degré d'^ohim et d'Adam, la doctrine contenue dans les dix premiers chapitres de la Genèse j avait donné lieu, chez les Juifs , a trois interprétations. Ces trois interprétations, quoique fort diverses, constituaient la religion juive.

De ces trois interprétations deux étaient plus directement opposées entr'elles , la troisième était intermédiaire.

Les deux interprétations opposées et contras-

670 DE l'hUMAHITB.

tantes au plus haut degré étaient celle des Saducéens et celle des Esséniens. Les Pharisiens s'étaient fait une deutérose qui participait des deux autres.

J'ai rapporté 9 dans un autre ouvrage (i)yles monuments les plus authentiques qui nous restent sur ces trois sectes entre lesquelles se divisa le Mosaîsme. Je ne m'y arrêterai donc pas. Je ne dirai rien ni de leur antiquité , qu'elles disaient toutes remonter à Mo'ise ou à des temps voisins de Moïse , ni de leurs divisions et de leurs luttes; je laisse de côté tout ce détail , me contentant de caractériser leur croyance sur le point qui nous occupe.

Que crurent les sectes juives sur le rapport de l'homme à l'humanité, soit dans la vie en tant que présente, soit dans la vie considérée comme vie future ? Voilà la question qui nous intéresse.

Les trois sectes juives reproduisirent la controverse générale qui a existé et qui existe encore sur ce point.

Il y a dans la vie, en effet, à quelque phénomène que l'on s'attache , trois aspects également saisissables. Ij'être individuel en qui se manifeste la vie nous apparaît d'abord. Mais le sentiment et la raison nous apprennent bientôt que cet être in-

(i) Del* Égalité^ deuxième partie.

Page 1