‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 87 sur 216 · LIVRE SIXIJUME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIJUME

De ces farois interprétations de Moïse, quelle était celle qui répondait le plus fidèlement à Moïse, sur ce point particulier de la vie future ? Évidemment c'était la dernière, celle des Pharisiens , celle qui plaçait la renaissance de l'homme dans l'huoianité.

Il est évident, en effet, que les Saducéens abusaient de ce que Moïse n*a rien dit d'explicite sur l'immortalité indwiduelle , et que les Esséniens abusaient également de cette lacune dans un autre sens. Moïse, il est vrai, n'a rien dit d'explicite à ce sujet; mais, au qioins, le développement donné à sa doctrine devait, pour être légitime, être en parfait rapport avec cette doctrine. Or Moïse a identifié d'une certaine façon l'individu et l'espèce ; et, relativement à la vie considérée dans son essence , il a placé la vie dans l'unité, dans la communion. Donc ce qui découle immédiatement de sa doctrine , c'est qu'il en est de la vie future comme de la vie dans son essence, et que par conséquent cette vie future est une communion avec l'humanité.

Véritablement les Saducéens étaient plutôt des athées que des disciples de Moïse. Le présent seul les occupait. Ils ne voyaient que le fini ; ils niaient Tinfini et le rapport du fini à l'infini. Chez eux , donc, nul sentiment métaphysique des choses : absorbés dans la sensation , ils représentaient l'égoïsme, luidividualisme au plus haut degré; on pouvait

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les (léiioiiiiner les sectateurs de la vie présente. En quoi donc tenaient-ils de Moïse, et comment cette secte put-elle se maintenir au sein du Mosaïsme, et former une des trois religions intégrantes de cette religion? C'est que Moïse , dans sa notion de la vie, n'avait pas exclu la vie présente. Loin de là , il avait considéré la vie présente comme devant être la manifestation de cette essence de la vie qu'il appelait avec raison la vie. Il n'y avait pas , chez Moïse , de ciel différent de la terre, La vie , mais la vie normale , la vie dans C unité y voilà , comme nous l'avons vu, le dogme de^ Moïse. Les Saducéens, donc, en tenant pour la vie présente, pour la vie sur la terre , contre les dévotions idéalistes qui tendaient à abandonner la terre et .la vie présente, jouaient un rôle nécessaire au sein du Mosaïsme. Les Saducéens furent, dans la religion juive, ce que sont aujourd'hui, au milieu de nos religions diverses, les Juifs, le peuple juif tout entier, avec sa protestation en faveur de la terre et de la vie présente contre l'idéalisme chrétien, qui , pour d'absurdes rêves de paradis , a délaissé la ten^e et la vie présente. Mais les Saducéens s'éloignaient étrangement de Moïse , en ce qu'ils ne comprenaient pas l'idéal dans cette vie présen^te , en ce qu'ils ne saisissaient pas la notion que M^ïse avait donnée de l'essence même de la vie. De métoe , eu effet, i\v\eY unité en Dieu leur échappait, de même

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