‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 94 sur 216 · LIVRE SIXIKME · texte numérisé non relu

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de ce système dans Platon , et Origène l'attribue en général aux Platoniciens et aux Pythagoriciens (i). Mais il paraît que ce furent surtout les Stoïciens qui se montrèrent attachés à ces idées de palingénésie complète, et qui soutinrent le système de l'année périodique, entendu de cette façon, avec le plus de chaleur. On attribue à Chrysippe, un des plus célèbres philosophes de cette secte , d'avoir enseigné « qu'après notre mort , une certaine pé- « riode de temps étant écoulée, nous serions rétame blis dans le même état et dans la même forme t< que nous avions précédemment. » Un autre stoïcien, Numénius, disait que « la nature tout entière c< se renouvelle d'elle - même et en elle - même à t< l'époque de la grande année ; qu'alors notre être »( se rétablit dans notre première forme, et que ces « révolutions et périodes recommencent éternelle- « ment. » S. Augustin parle de cette opinion bizarre de quelques philosophes grecs d'une manière formelle : « Us croient, dit-il, que pendant « toute l'éternité il y aura un cercle d'événements " tout semblables ; et, par exemple, comme Platon « a enseigné dans l'Académie d'Athènes, de même « il y aura des temps pendant toute l'éternité où « le même Platon enseignera encore dans la même « ville et dans les mêmes lieux, et aura les mêmes *

' I ) Conlr, Cris. , lib V, c ai.

()94 '>K l'humanité.

«disciples. Il en sera de même de toutes choses , ce qui 9 suivant ce système , doivent recoramencer a sans cesse après des intervalles longs, à la vérité, « mais précis et certains (i). » Peut-être est-ce à cette doctrine du renouvellement intégral ou plutôt du recommencement des choses, si Ton peut |>arler ainsi, que Virgile fait allusion lorsqu'il dit dans son églogue de Pollion : « L'heure du dernier <c âge prédit par les oracles sibyllins a sonné ; la « longue suite des siècles antérieurs va* recommence cer de nouveau ; Astrée revient sur la terre ; nous a allons revoir l'âge d'or, le règne de Saturne (a). » Virgile écrivait cela bien peu d'années avant l'apparition du Messie. Les Chrétiens des premiers siècles regardèrent ses paroles en cette occasion comme prophétiques ; mais on peut affirmer que, vers le temps de Virgile et de Jésus-Christ, l'opi-

(i) <• Absit aiileni a recta (iJe , ut hU Saloinuois verbis ilios circitmilus " significatos esse credamus , quibus illi pulant sic eadem lemportim tem- « poraliiimque reruni vulumina repeti, ut , verbi gratia ^ siciit in islo sx- " ctilu Piato philosophtis in tirbe Atbenieiisi , in ea schola qiiae Ac:ademia " Jicla est , discipulos docuil , ita per inoumerabiUa reiro .«ax^ula , mulliim >' plexis quidem intervailis, sed tamen cerlis , et idem Piato, et eadein <• civitas , eademqne sch'tia , iidemque discipuli repetiti , et per ionumera- • bilia deinde stcciila repetondi sint. • {De Gvit. Dei, lib. "XÏI , c. i3.)

(9.) Ultiiua Ciiiiijei venit jam carmiuis «las ;

Mogniis ab integro saîcloruni nascitur ordo ; Jam redil vl Viigo , redciiiit Saiurnia régna.

{Ecio^r, IV.)

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