‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 95 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. ÔqS · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. ÔqS

nion d'un renouvellement du monde, d'une fin et d'une résurrection de l'univers, était généralement connue et adoptée, sinon entendue par tous de la même manière. Virgile , donc , ne parlait pas ainsi par une inspiration particulière ; il répétait ime opinion, prophétique si l'on veut, mais qui courait chez tous les peuples , et dans toutes les écoles des philosophes. Ij^palingénésie était un dogme régnant. L'antique astrologie judiciaire, qui donnait au monde des âges de destruction et de renouvellement, avait pénétré peu à peu tous les esprits ; tous avaient fini par en admettre quelque chose. Les plus incrédules mêmes ne niaient pas le renouvellement, la résurrection , mais ils croyaient surtout à la destruction, à X^fin du monde. On trouve des traces de cette opinion dans les sectes les plus opposées. Lucrèce, le représentant de l'école d'Epicure, affirme positivement \dijin du monde, et semble même la croire très-prochaine. Il explique fort au long comment les atomes , se décrochant , et retournant à leurs mouvements confus, amèneront la destruction de toutes les choses qu'ils avaient formées par leur agrégation. «Considérez, dit-il, cette terre, cette « mer, ce ciel;... un seul jour les verra périr, et la « machine du monde , après s'être soutenue pence dant tant d'années, s'écroulera en un moment... « Peut-être verrez-vous avant peu le globe suc-

tt couiber dans une destruction générale. Puisse h « destinée détourner de nos jours un pareil déa sastre (i) ! » La physique des Stoïciens, qui nvalisait alors avec Tatomisme d'Épicure, était encore plus directement concluante pour cette opinion de la 7?/i du monde. Les Stoïciens s^ étaient attachés à l'antique système qui expliquait tous les. phénomènes par l'action vivante du feu. Dans leur cosmologie, les astres se nourrissaient des vapeurs de la terre et de la mer, et renvoyaient incessamment de nouvelles émanations à la mer et à la terre. Mais il en résultait une perte de l'humide,

( 1 ) Principio maria ac terras cœlumqae tuere :

Homm naiuram triplicem , tria corpora , Memmi, Très species tam dissimtles , tria talia texta , Una dies dabii exitio , multosque per annos Siistenlata met moles et machina muDdi.

Nec me animi falltt quam res nova miraque menti Accidat, exttiiun cœli terraeque fulurum. Et quam difficile id mihi sit perrincere dicUs , Ut fit ubi insolitam rem adportes auribus anie ^ Nec lamen hane possis oculorum subdere visu » Nec jacere inde manus ^ via qiia muuiia fidei Proxima fert humaoum in pectus templaque mentis. Sed tamen effabor : dictis dabit ipsa fidem res Forsitan , et graviter terrarilm motibus urbis Omnia conquassari in parvo tempore cernes : Quod procul a nobis fleciat foriuna gubernans,, Et ratio potius quam res persuadeat ipsa Succideie horrisono posse omnia victa fragore!

(De Ber. Nal.y lib. V.)

Page 1