LIVRE SIXIEME
^ui devait conduire enfin le monde à un embrasement général. Cicéron explique avec détail cette physique des Stoïciens (i). Toute cette secte donc admettait que le monde finirait par un incendie. «Nous soutenons 9 dit Sénèque, que c'est le feu «.qui vivifie le monde, et transforme tout en sa «propre nature : donc le monde finira par le « feu (2). » Seulement les Stoïciens eux-mêmes , suivant leur degré de foi religieuse, se partageaient, à ce qu'il semble, sur la question du renouvellement, les uns insistant sur cette idée plus que d'autres. Ce même Sénèque, s'il faut lui attribuer les tragédies qui portent son nom, après avoir, dans son Hercule au mont Œta , décrit en vers pompeux la catastrophe finale qui doit replonger l'univers dans le chaos, se demande ce qui adviendra alors, et quelle forme prendra le monde : quis
(i) « Sunt stellae nalura flammes: quocirca terrœ, maris, aquarura « vaporibus aluntur iis qui a sole ex agris tepefactis et ex aquis excitantur ; « quibus altœ renovataeque stellse , alque omnis œther , refunJunt eadem, « f t rtirsum trahunt indidem , nihil ut fere iuter^at , aul admodum pauf- « lulum , quod astrorum ignis et œtheris fiamma consumât. Ex quo even- « turiim nostri pulanl id , de quo Pansetium addubitare dicebant , ut ad «< extremum omnis mundus ignesceret y cum , humore cousumpto , neque « terra ali posset , neque remearet aer ; cujus ortus , aqua omni exhausta , « esse non posset ; ita relinquinihi) pneter ignem ; a quo rursum animante, «< ac Deo , renovatio mundi fierel alque idem omatus orieiur. * {De Nat. Deor.y lib. II, c 46 •)
{1) « Dtcimus ignem e>se qui occupet mundum et in se cuncta conver- « tat. Ita ignis exitus mundi est. » {Nat, Qnœst.f lib III, c. x3.)