U DE L HUMANITE
Feau et par le feu. Il a été renouvelé par Teau; iJ sera renouvelé par le feu. Il finira donc par un embrasement général suivi bientôt d'une nouvelle terre, d'un nouvel univers : » telle était , dans son ensemble, la pensée de cette science ou astrologie primitive. I^a prédiction de la fin du monde par le feu n'est qu'un élément détaché de cette pensée. Il n'y a donc pas à s'étonner ni de trouver cette prédiction chez les Grecs, aux premiers temps de la Grèce, dans Hésiode et Orphée, par exemple, ni de la retrouver chez d'autres peuples , à de grandes distances de temps ou de pays, par exemple chez les Scandinaves. Puisque j'ai nommé cette tradition des Scandinaves , je dirai que la pensée mère , la pensée palingénésique me semble s'être conservée dans cette tradition avec toute son étendue et tout son relief. Voici, en effet, comme la fin du monde et le dernier jugement sont décrits dans VEdda : « Le feu consume tout, et la flamme «s'élève jusqu'au ciel. Mais bientôt une nouvelle « terre sort du sein des flots, ornée de vertes prai- « ries ; les champs y produisent sans culture ; les ic calamités y sont inconnues... C'est là que les justes « habiteront et se réjouiront pendant tous les siè- « clés. Alors le Puissant, le Vaillant, celui qui gou- «veme tout, sort des demeures d'en haut pour « rendre la justice divine (i). »
(i) Mallet, Introduction à t histoire de Danemarck,