ÉPILOGUE
comme Homère dit que tous les mondes^ rattachent < par une chaîne au trône de Jupiter.
II est vrai que nous avons été obligés d'éliminer de notre recherche Tantique Orient Nous ne pouvions parcourir un Océan infini. Nous nous sommes bornés à la tradition occidentale , qui a bien sans doute ses racines dans l'Orient > mais qui s'en distingue avec assez de netteté pour qu'on puisse > négligeant ses origines , la considérer en elle-même. Par elle 5 d'ailleurs ^ embrassée dans toute sa profondeur et dans toute son étendue , nous étions sûrs d'avoir implicitement l'esprit du monde antique qui a porté notre propre monde en son sein , comme un germe.
Dans cette Tradition ainsi restreinte, mais si immense encore qu'il nous a fallu , pour oser l'interroger, consulter plutôt notre zèle que . nos forces, nous avons d'abord demandé aux Grecs et aux Romains ce qu'ils pensaient de la vie et de la vie étemelle. Virgile, Platon, Pythagore, Apollonius, nous ont r^ondu.
Us nous ont répondu, ces élus de la philosophie des Gentils (1) , ils nous ont expliqué les febles populaires.
Leur réponse unanime a été la renaissance des individus dans l'humanité.
Et pourtant le grand mot, le mot explicateur a manqué aux Grecs. Car les Grecs n'ont connu que l'individualité, ils n'ont pas connu l'unité humaine.
Ce n'était pas le peuple grec qui pouvait enseigner l'unité.
(i) «Plebeii philosophi qui a Platonc, et Socratc, tl ab ea familia» dÎMident. » fCicéron, TimcuL)
Non , cela n'était pas donné i ces Grecs si individualisés et si individualistes 9 à ces Grecs divisés en tant de peuidades , sortant à peine de la barbarie , amateurs de combats et de luttes en tous genres , race pleine de vanité.
Venus si tard à la lumière y voyageurs curieux aux rives du Nil, investigateurs de philosophie plutôt que naturellement sages , ce n'étaient pas les Grecs qui pouvaioat ramener le problème de la vie future à ces termes : Unité du genre humain.
En bien et en mal , c'est au point de vue de l'individualité que les philosophes grecs s'occupent de la vie future; la question des peines et des récompenses individuelles les sollicite avant tout et les dirige.
Ils sont préoccupés uniquement de la mesure de recompense ou de peine qu'aura chaque homme individuellement : le lien entre les hommes leur échappe. Ils ne connaissent pas l'humanité ; ils ne connaissent pas l'unité humaine.
Et néanmoins que nous ont-ils dit?
Que Dieu est la source commune de tous les êtres ; que tous les êtres émanent de lui , et sont de sa substance en tant que vie ; qu'il est la vie absolue , et qu'il est encore la vie par émanation , qu'en lui donc tous les êtres yî^nt éternellement ; que la mort n'est qu'un retour à l'état virtuel , à l'état latent 5 un retour à Dieu, retour qui sera suivi de manifestations nouvelles , en rapport avec les manifestations actuelles de l'être.
Et lorsque nous les avons pressés davantage, lorsque nous leur avons demandé ce qu'ils supposaient de ces manifestations futures f
Virgile , au nom de tous , a répondu que la mort n'a pour but que d'effacer par l'oubli la forme d'une existence dans