ÉPILOGUE. S
rhumanité » afin de donner lieu à une autre existence dans rbumanlté* Il nms a peint TÉlysée comme le passage entre une vie et une autre vie , entre le moment où un homme meurt et le moment oh cet homme renatt sous la forme d'un enfant j entre une tombe et un berceau. L'Elysée^ poétique chimère pour exprimer l'état latent, l'état d'invisibilité et de non-manifestation oik sont les morts en attendant que Dieu, l'Être infini , l'Être des êtres^ qui les faisait vivre pendant la vie , et qui après la mort les fait subsister invisibles, les fasse de nouveau revivre; l'Elysée, ce lieu de fùmsible, ce royaume du vide^ aboutit au fleuve Léthé, après lequel reparaît la nature , la vie , la réalité , la terre.
Et nous avons prouvé que Virgile, dans cette réponse, a réellement résumé toute la philosophie de son mattre Platon, en la débarrassant de ses contradictions et de ses inconsé* quences. On a vu, en effet, que le point de départ de tout le Platonisme sur la vie future est cet axiome : Que la vie actuelle de la nature et des êtres qui y sont renfermés n'est explicable que par la vie antérieure , non pas d'autres êtres, mais de ces mêmes êtres, qui se sont reproduits et se reproduiront éternellement sous des formes toujours nouvelles, en sorte qif i|s auront l'air d'êtres nouveaux bien qu'ils aient déjà vécu et toujours vécu. Voilà l'axiome d'où Platon part, et qu'il n'a pas , malgré tous ses efforts , dépassé.
S'il avait eu la force ou la sagesse d'ajouter que ces êtres, toujours les mêmes et toujours nouveaux , renaissaient selon leur espèce , il aurait dit ee que dit Virgile son disciple , et il n'aurait pas embrassé tour à tour tant de chimériques hypothèses, auxquelles, comme nous l'avons vu, il a fini lui-même par renoncer.
Mais, partis de l'individualité, les philosophes grecs,
éveillés tout à coup en Dieu par les leçons des métaphysiciens de rOrient, n'ont connu que ces deux termes^ les individus et Dieu.
Entre ces deux termes ^ sans lien entre eux^ il y avait rabtme. On pouvait faire naufrage en Dieu ^ on pouvait faire naufrage dans la métempsychose fataliste la plus grossière.
Platon a donné dans ces deux écueils ; et en général c'est le caractère de toute la philosophie grecque d'avoir saisi la plus grande individualité possible et la plus grande unités mais sans intermédiaire.
Faute donc d'avoir suffisamment l'idée des espèces ^ les philosophes grecs n'avaient pas de lien pour unir à Dieu les individus^ les créatures ; et^ faute de ce lien^ ils devaient souvent passer d'une erreur à une autre ^ tantôt absorbant les créatures en Dieu, tantôt au contraire ^ maintenant d'une façon absolue et indépendante les créatures, et leur attribuant ainsi ^ en tant que créatures, une vie étemelle.
C'est en effet là, comme nous l'avons vu, ta double erreur de la philosophie grecque.
On a pu accuser tous les philosophes grecs d'afoir enseigné la réfusion des âmes dans l'Ame Universelle. On a pu aussi les accuser d'avoir conçu la vie éternelle commt provenant uniquement d'une sorte de métempsychose fatale et pour ainsi dire toute physique.
Néanmoins nous croyons avoir démontré que ni Platon^ ni Pythagore^ n'ont enseigné fondamentalement ni l'absorption en Dieu ni la métempsychose indéterminée , mais que fondamentalement ils ont enseigné la renaissance dans l'humanité.
Le plus 'parfait et le plus explicite monument de toute la