‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 3)Chapitre 22 sur 31 · ÉPILOGUE. /i · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. /i

chaque créature de Dieu est à là fois une et multiple. L'unité de chaque créature est ce qu'on appelle son espèce. Et cette créature est en effet son espèce ; car son espèce vit en elle, et cette créatiire ne vit que pai* son espèce. L'idée typique qui la créa la fait vivre. L'Être Universel ne la contient, et ne la soutient, qu'en tant qu'elle est d'une nature déterininée et spécilSque. Il sait ce qu'elle est par l'idée générale à laquelle elle se rapporte. C'est ainsi qu'elle prefnd place dans la Théodicée au sein de {'Infini. Elle est à cause qu'elle a été, à cause qu'elle sera ; elle est à cause qu'elle est une espèce en même temps qu'un individu.

Donc de même que Moïse appelle Dieti iËlohim , de métaie il appelte tous les hommes Adam.

iËlohim veut dire lui-les^Dieux , c'est-à-dire Vêtre des êtres. Adam veut dire l'homme universel , l'humanité , le genre humain, c'est-à-dire l'homme qui est en même temps les hommes , comme Dieu ou l'Être est en même temps les êtres.

Par cette profonde idée , Moïse déplace complètement à nos yeut la question de la vie future ; il lui fait quitter le champ où nous la voyions s'agiter entre les mains des philo^ sophes grecs» Caji; si l'unité de l'espèce hurïiaine est la vérité> si Dieu n'a pas créé ou ne crée pas des individus sans l'espèce , si l'homme est un être uni à l'humanité -, il n y a pas à chercher de vie future hors de l'humanité et du développement de l'humanité.

Trois sectes pu deutéi*oses sortent de Moïse, et se continuent sans interruption jusqu'à Jésus-Christ Ces sectes com-

hOk DE LHUMANITÉ.

posent à elles trois le Mosaisme. Bien que ce soient ^ pour ainsi dire trois religions différentes^ elles sont cependant regardées, pendant toute leur durée, comme ne formant qu'une seule religion indivise entre elles. Pourquoi cela? D'où vient cette étrange singularité d'une religion qui se divise en trois religions? C'est que réellement le Mosaïsme, tel que l'a laissé Moïse, 'attend un grand développement, un nouveau prophète, et, comme disaient les Juifs, un Messie. La pensée de Moïse a besoin d'explication et d'accroissement. En attendant, ces trois sectes s'efforcent, chacune à leur façon, de garder fidèlement cette pensée. Les Saducéens ne veulent pas de ciel hors de la terre, en quoi ils ont raison ; mais ils vont jusqu'à repousser la vie future par rapport aux individus. Les Pharisiens croient à la résurrection des individus dans l'humanité ; mais ils ne savent pas faire de cette humanité un ciel pour la vie future ; et, dépourvus de charité et d'idéal, ils font servir la vérité qu'ils possèdent confusément à détruire l'effet même de cette vérité. Car la conséquence de leur idée devrait être de perfectionner l'humanité, et ce n'est pas vainement sans doute que Jésus les accuse d'arrêter et d'entraver de toutes leurs forces la venue d'une humanité nouvelle. Enfin «^ les Esséniens se tournent, eux, avec ardeur vers cette humanité nouvelle; et c'est ainsi qu'ils croient saisir et qu^ils saisissent en effet la pensée de Moïse par un autre côté , non moins important que celui auquel les Saducéens s'étaient attachés, ou que celui auquel les Pharisiens s'étaient fixés. Mais , dans leur enthousiasme pour un monde meilleur , non seulement ils s'éloignent du gros de l'humanité, et vivent d'une vie mystique et monacale, niais ils donnent à leurs conceptions idéalistes une réalisation imaginaire; et, s'encourageant dans leurs

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