‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 3)Chapitre 23 sur 31 · ÉPILOGUE. W · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. W

aspirations vers l'idéal par des rêves et des chimères , ils quittent la voie de Moïse pour les fables des Gentils. Au lieu de rester solidaires de tous les hommes en Adam ^ ils aiment à se croire destinés à vivre ^ pendant un certain temps du moins, dans un Elysée semblable à celui des Grecs, loin des méchants condamnés au Tartare. Il est donc bien vrai, comme le pensaient les plus doctes d'entre les Juifs, et comme la nation tout entière était habituée à le croire, que le Mosaïsme se trouvait répandu d'une façon indivise entre ces trois sectes, dont chacune avait sa vérité, et chacune son erreur.

Nous avons vu par quelles causes générales non seulement les Juifs, mais le monde romain tout entier, étaient préparés, vers le temps où parut Jésus-Christ, à croire à la prochaine échéance d'une époque palingénésique j c'est-à-dire d'une époque de fin et de renouvellement de toutes choses. Nous avons expliqué cette doctrine du Bésurrectionisme au sein de laquelle le Saducéisme , le Phariséisme, et l'Essenianisme, devaiient venir se fondre, comme, dans un ardent creuset, trois métaux différents, rejetant des éléments étrangers avec lesquels ils étaient combinés, se combinent entre eux pour former un nouveau métal.

L'idéal , le ciel , disaient les Esséniens ; la terre, la réalité^ disaient les Saducéens; la société humaine, l'humanité, disaient les Pharisiens. Il fallait une synthèse qui, sans détruire la vie humaine, fît descendre ce qu'on appelait le ciel sur la terre.

Aors on crut à un Prophète qui viendrait clore les temps et ouvrir le grand Sabbat prédit par les astrologues. On crut à une nouvelle genèse divine , et par conséquent à un nouvel Éden. Et Jésus se sentit le prophète qui ferait descendre le ciel sur la terre.

hù6 DE L'HUMANITÉ.

L'idéal était chez les Esséniens^ Jésus fut élevé par eux et vécut parmi eux ; le fond de sa doctrine est Essénien. Mais tandis que les Esséniens s'isolaient de l'humanité, et se regardaient comme souillés si un Pharisien ou un Saducéen touchait seulement leur vêtement (1) , Jésus , méprisant l'ésotérisme et le foulant aux pieds , alla prêcher l'idéal aux Pharisiens et aux Saducéens. Ses disciples furent la plupart de pauvres Saducéens , et son premier Ëvangéliste fut un homme qui exerçait un métier r^ardé comme infâme.

Ainsi Jésus comprenait réellement l'idée de Moïse , la vie en Dieu par Adam ou par T humanité ; et brisant l'ésotérisme essénien, appelant tous les hommes à la Communion, h la Table Sainte, au Repas Ëgalitaire, ^ l'Eucharistie, les petits comme les grands, les pauvres comme les riches, les faibles d'esprit comme les forts d'intelligence, il réalisait la pensée de Moïse, il réalisait ^^OMME-HUMANITÉ. Il sentait donc qu'il avait la vérité, qu'il avait la vie, qu'il donnait la vérité, qu'il donnait la vie : est-il étrange que ses disciples aient cru qu'il était la Vie , qu'il était la Vérité , qu'il était le Verbe de Dieu s puisqu'en effet la Vie , la Vérité , le Verbe agissait dans son âme et parlait par sa bouche !

Nous en sommes là de l'étude que nous avons entreprise dans ce livre relativement à la Tradition. Nous avons à par- Ci) Josèphe, 'Gtterre des Juifs, Hv. II; Toy. De V Égalité,

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