‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 3)Chapitre 24 sur 31 · ÉPILOGUE. UOl · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. UOl

courir encore et à expliquer les dix-huit siècles depuis TÉvangile jusqu'à nous. Nous nous sentons la force de montrer quMI n'y a dans ces dix-huit siècles rien qui contredise fondamentalement la vérité suprême dont nous avons épousé la cause et embrassé la défense.

On explique ordinairement l'histoire depuis Jésus-Christ par des dualités 5 par des époques organiques et critiques^ et secondairement par une multitude de causes purement humaines. Que reste-t-il de vérité au Christianisme , s'il en est ainsi ? Si Fépoque critique a pu se poser devapt l'époque organique et la détruire ^ qu'y a-t-^il de vrai et de faux? Si Voltaire a vaincu Jésus , Voltaire avait donc autant de vérité que Jésus ; et, en ce cas, quelle vérité divine était dans Jésus et dans le Christianisme? De toutes ces vues sur l'histoire, il ne résulte qu'une chose : c'est que Dieu n'est nulle part, c'est que la vérité n'est nulle part. Le Christianisme est un accident de l'histoire, et l'incrédulité en est un autre.

Non, il n'en est pas ainsi; et si Dieu était dans le Christianisme^ si la doctrine du Christ est divine, si l'humanité en Jésus a été divine, si Jésus, comme il le dit lui-même, a été sanctifié par le Père de toutes choses, on peut, on doit expliquer l'histoire des dix-huit siècles qui se sont écoulés depuis Jésus juequ"à nous sans dualité radicale , sans anarchie fondamentale de l'esprit humain. Si l'Évangile est, à certains égards, divin, c'est-à-dire s'il est réellement la manifestation de Dieu dans l'humanité à une certaine époque, rien jusqu'ici n'a pu échapper à cet Évangile. J'entends que les dix-huit siècles écoulés doivent être le développement de cet Évangile , et non pas se composer de cet Évangile d'une part, et d'une antithèse à cet Évangile de l'autre. Autrement la négation vaudrait raflirmation, TÂnti-Évangile vaudrait

rËvaagile; et, sûr la ruine de l'un par l'autre , il ne res* terait que le néant.

Nous prouverons, je l'espère, que toute l'ère philosophique moderne n'a été que Yexplicitation de plus en plus grande de la vérité divine qui était au fond du Mosalsme et au fond du Christianisme , la vie en Dieu par Adam ou par Thumanité. Nous prouverons que les plus grands destructeurs de la forme où cette vérité s'était enfermée dans le Mosaïsme, et ensuite dans le Christianisme , n'ont vraiment atteint et percé de leurs coups que cette forme, c'est-àdire dans un certain sens le Mosaïsme et le Christianisme, mais nullement la vérité cachée dans le sein de ces religions.

La religion dure donc et persiste sur toutes les ruines , appelant seulement aujourd'hui des yeux pénétrants pour la yoir, et des cœurs fidèles pour la servir.

La forme erronée du Christianisme a tenu à une chose. C'est que le temps n'était pas venu où la pensée divine qui inspirait Jésus pouvait être comprise sans forme ifblâtriqm* Jésus lui-même, si nous nous en rapportons aux Évangiles et à toute la tradition, ne put s'empêcher d'y joindre l'idée fausse du résurrectionisme ou de la patingénésie entendue comme un miracle, comme un renversement de l'ordre de la nature , de l'ordre de la création continue et successive. Il fut sollicité , excité , poussé à l'extase par la prédication de Jean-Baptiste. Il se crut le Messie dans le sens où l'entendait la tradition populaire des Juifs; et, après sa mort, ses disciples le crurent encore ce Messie, et l'attendirent de non* veau comme ce Messie. Ensuite les Platoniciens, étant venus

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