ÉPILOGUE
se joindre à eux ^ servirent^ il est vrai ^ à donner un sens idéaliste à la mission de Jésus; mais^ tombant également dant l'idolâtrie ^ ils firent du Roi palingénésique des Juifs ^ et du Fik de Dieu, entendu en ce sens, le Fils de Dieu entendu dans le sens de Verbe, L'idolâtrie revint donc ^ par une autre voie^ quand des Juifs l'Évangile passa aux Grecs.
Il en résulta une synthèse^ il est vrai, mais une synthèse si incomplète, que le Mosaîsme, d'un côté, a continué jusqu'à nos jours, et que la nation juive a pii être détruite par la violence, mais ne s'est jamais convertie. D'un autre côté, cette synthèse, comme Jésus et S. Paul Pavaient comprise, ne s'étant pas réalisée, la fin du monde n'étant pas venue, la résurrection des morts ne s'étant pas opérée, le règne de Dieu n'étant pas descendu sur la terre , cette synthèse, diHe, a fini par devenir pour les Chrétiens une prédiction vague et incertaine. De siècle en siècle on en a reculé la venue, et finalement, depuis le seizième siècle surtout, elle n'exerce plus aucune influence; elle est définitivement passée à l'état d'un nuage fantastique qui accompagne plutôt ce qu'orï appelle aujourd'hui le Christianisme qu'il ne le constitue.
Cette fin du monde, cette résurrection des morts, cette venue du règne de Dieu sur la terre , qui faisaient la foi dte premiers Chrétiens, ne s'étant pas réalisées, nous verrons comment l'Église fUt obligée de revenir aux anciennes croyances de paradis et d'enfer. C'est-à-dire que, malgré la venue du Christianisme, l'Église, en s'obstinant à conserver la forme fausse que le Christianisme avait revêtue dans les premiers siècles, ne fut guère plus avancée sur cette question de la vie future qu'on ne l'était avant le Christianisme.
MO DE L'HUiMANITÉ.
£d effets la solution comprise et admise dans ces premiers siècles étant reléguée dans un lointain indéfini, il se trouva qu'il n'y avait plus de solution donnée au problème. Le problème revint donc avec toutes ses difficultés. Un homme meurt, que devient son âme? S. Paul disait : Elle sommeille jusqu'au temps fort prochain delà résurrection et du jugement dernier. Son corps même se retrouvera alors tout entier , et cet homme sortira de la tombe pour vivre sur la terre éternellement avec tous les autres hommes qui ont vécu en Adam ; car le monde alors s'arrêtera , en ce sens qu'il ne sera plus produit de nouveaux êtres. Jésus est l'homme de la fin des temps , l'Adam final. Mais que pouvait dire l'Église, qui voyait la prédiction sans accomplissement?
. Nous montrerons que c'est par là que le Christianisme est tojttbé. Les Chrétiens d'aujourd'hui, attachés qu'ils sont à la forme fausse que prit la vérité vitale du Christianisme, sont absolument dans le cas des Juifs, qui attendent le Messie, même après que l'époque prédite pour sa venue est depuis longtemps passée.
Mais à ces hommes qui demandent la vie éternelle , il faut répondre comme Jésus : Entrez dam la vie. Le plus évangélique des évéques modernes , le plus inspiré des pasteurs modernes du troupeau de Jésus, Fénelon, quand il a voulu peindre le paradis, a-t-il trouvé d'autres images que cellesci : < Us ne font tous ensemble qu'une seule voix , une seule » pensée, un seul cœur; et une même félicité fait comme un nflux et reflux dans ces âmes unies (1). »
(4) Télémftquc, liv. XIX.